11 mars 2014 / 17:58 / il y a 4 ans

Les investisseurs étrangers misent sur les actions européennes

Traders à la Bourse du Qatar. La zone euro attire plus que jamais les investisseurs étrangers ces dernières semaines, sa reprise économique séduisant ceux qui se détournent des marchés émergents. De nombreux investisseurs avaient boudé l'Europe pendant la crise des dettes souveraines. Mais maintenant ce sont des économies émergentes dont ils se désengagent et les flux vers les actions européennes atteignent le record de 36 milliards de dollars depuis début janvier, selon des données d'EPFR Global. /Photo prise le 4 février 2014/REUTERS/Mohammed Dabbous

PARIS (Reuters) - La zone euro attire plus que jamais les investisseurs étrangers ces dernières semaines, sa reprise économique séduisant ceux qui se détournent des marchés émergents.

De nombreux investisseurs, comme des fonds souverains du Moyen-Orient ou des fonds de pension sud-américains, avaient boudé l‘Europe pendant la crise des dettes souveraines. Mais maintenant ce sont des économies émergentes comme la Turquie ou l‘Indonésie dont ils se désengagent et les flux vers les actions européennes atteignent le record de 36 milliards de dollars depuis début janvier, selon des données d‘EPFR Global.

Les investisseurs américains arrivent en tête.

“L‘Europe a environ trois ans de retard par rapport aux Etats-Unis. Elle est à la traîne pour la reprise macroéconomique comme pour les cours des actions, c‘est pourquoi les investisseurs américains arrivent maintenant”, commente Joseph Oughourlian, directeur général du hedge fund Amber Capital, basé à Londres.

Il n‘y a pas si longtemps, les fonds spéculatifs américains et britanniques pariaient sur un éclatement de la zone euro. En décembre, Amber Capital a cependant lancé un fonds “long-only” (fonds traditionnel) dédié à l‘Europe du Sud qui a rapidement été sursouscrit et fermé à 300 millions d‘euros.

En outre, la situation s‘améliore pour des économies européennes que le poids de leur dette avait fragilisées : les rendements des emprunts d‘Etat italiens et espagnols à 10 ans sont revenus la semaine dernière à leurs niveaux de 2005.

Des investisseurs comme Lone Star, Blackstone et Apollo Global Management ont ainsi soumis des offres pour racheter un portefeuille de créances immobilières espagnoles de plusieurs milliards d‘euros. Quant aux gérants de fonds américains George Soros et John Paulson, ils ont pris des parts dans un véhicule d‘investissement immobilier qui doit être prochainement coté à la Bourse de Madrid.

Par ailleurs, en dépit du rally des actions européennes l‘an dernier, celles-ci restent bon marché.

Les profits des sociétés européennes sont encore 25% environ en dessous de leur pic de 2008, alors que ceux des sociétés américaines sont dejà très au-dessus de leur propre pic de 2008, selon des données de Thomson Reuters Datastream.

L‘indice Euro STOXX 50 n‘a regagné qu‘environ la moitié du terrain qu‘il a perdu lors de la dégringolade des marchés financiers en 2007-2009, un rebond qui apparaît bien faible au regard de celui affiché par Wall Street.

“Les actions françaises sont presque aussi bon marché que celles de la périphérie de la zone euro, et les conditions de crédit en France sont extrêmement favorables”, note Joseph Oughourlian (Amber Capital).

“Le fait que de grandes sociétés sont en mesure d‘emprunter de l‘argent à des taux d‘intérêt réels négatifs aura un impact beaucoup plus grand sur les résultats des sociétés que la macroéconomie.”

Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Marc Joanny

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