26 février 2014 / 11:00 / dans 4 ans

Airbus face au casse-tête de la fin de vie de l'A330

SINGAPOUR/PARIS (Reuters) - Alors même qu‘Airbus multiplie les essais en vol de son futur avion, l‘A350, il doit batailler ferme pour prolonger la durée de vie de l‘A330, qui reste encore aujourd‘hui son seul gros-porteur véritablement rentable.

Alors même qu'Airbus multiplie les essais en vol de son futur avion, l'A350, il doit batailler ferme pour prolonger la durée de vie de l'A330, qui reste encore aujourd'hui son seul gros-porteur véritablement rentable. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Après 20 ans de bons et loyaux services, cet appareil de 250 à 300 places est régulièrement la cible du rival américain Boeing, qui le juge obsolète. Il a pourtant survécu au quadriréacteur A340 et résiste encore bien à l‘arrivée d‘avions plus modernes et plus légers comme le 787 de Boeing et l‘A350.

Reste que, selon des analystes, les jours de l‘A330 sont à présent comptés, en dépit des modernisations régulières visant à prolonger un appareil dont plus d‘un millier d‘exemplaires sont en service.

Airbus s‘expose ainsi potentiellement à une chute des commandes à partir de 2016, le carnet de commandes visible représentant actuellement tout juste 26 mois de production, observent-ils.

“L‘A330 a été époustouflant ces cinq dernières années, non seulement grâce à ses qualités propres mais également en raison des retards du 787 de Boeing”, souligne Richard Aboulafia, analyste de Teal Group. “Mais le 787 a atteint son objectif de production de 10 par mois, ce qui risque de pousser rapidement l‘A330 vers la sortie.”

Airbus doit ainsi trouver le moyen de rester sur le segment des 200 à 300 places, pour lequel il avait conçu son premier appareil voici plus de 40 ans et que Boeing veut dominer avec son 787.

Le constructeur européen espérait occuper ce créneau avec son A350-800 de 270 places, mais cette version de l‘appareil se vend mal et reste marginale par rapport à l‘A350-900 de 314 sièges.

Alors que la production de l‘A350 n‘atteindra pas son rythme de croisière avant 2018, Airbus s‘expose à un manque à gagner en raison du fossé séparant le pic de production de l‘A330 et celui de l‘A350, au moment où il doit gérer une transition délicate entre l‘ancienne et la nouvelle version de son monocouloir, la famille A320, son autre vache à lait.

Le groupe a renoncé l‘an dernier à accroître les capacités de l‘A330, préférant au contraire développer une version allégée adaptée aux besoins des lignes intérieures chinoises.

Rien ne différenciera vraiment les deux versions, mais les performances de l‘appareil seront bridées pour permettre aux compagnies aériennes d‘économiser sur la maintenance et sur certaines taxes, à l‘atterrissage par exemple.

Airbus doit également décider d‘ici la fin de l‘année d‘équiper ou non l‘A330 de nouveaux moteurs, qui permettraient de développer ses performances sur les lignes moyen et long courriers.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below