July 28, 2020 / 11:13 AM / 9 days ago

L'opposition malienne rejette le plan des pays d'Afrique de l'Ouest

L'opposition malienne a rejeté mardi le plan proposé la veille par les pays d'Afrique de l'Ouest pour tenter de mettre fin à la crise politique au Mali où des manifestations de rue ont fragilisé le président Ibrahim Boubacar Keita (photo). /Photo prise le 30 juin 2020/REUTERS/Ludovic Marin

BAMAKO (Reuters) - L’opposition malienne a rejeté mardi le plan proposé la veille par les pays d’Afrique de l’Ouest pour tenter de mettre fin à la crise politique au Mali où des manifestations de rue ont fragilisé le président Ibrahim Boubacar Keita.

“Le M5-RFP constate avec regret que les conclusions du Sommet des Chefs d’Etat ne tiennent pas compte de la profondeur et de la gravité de la crise sociopolitique qui hypothèque l’avenir du Mali”, déplore le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques dans un communiqué.

La coalition dont la figure de proue est l’imam Mahmoud Dicko et qui “exige plus que jamais” la démission du président, élu en 2013 et réélu en 2018, “s’étonne” que les dirigeants ouest-africains continuent de ramener la crise à un “simple contentieux électoral”.

Le plan de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) recommande la démission des 31 députés dont l’élection a été contestée et l’organisation de nouveaux scrutins partiels.

Il prône aussi la formation d’un gouvernement d’union nationale au sein duquel serait représenté le M5-RFP. Il réclame enfin une enquête sur les morts survenues ce mois-ci lors de manifestations contre le pouvoir.

Accusant le pouvoir de corruption et révoltés par les attaques sanglantes des groupes armés et le résultat controversé des élections législatives du printemps dernier, des dizaines de milliers de Maliens sont descendus ces dernières semaines dans les rues de Bamako.

Ce mois-ci, des affrontements avec la police ont coûté la vie à 14 manifestants selon les calculs des Nations unies.

Le président Keita a procédé pour sa part à un remaniement du gouvernement tard lundi soir, changeant notamment ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense qu’il a chargés de négocier avec l’opposition la constitution d’un gouvernement d’unité nationale.

Edward McAllister et Tiemoko Diallo; version française Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André, édité par Blandine Hénault

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