April 23, 2020 / 6:20 AM / a month ago

Pompeo renouvelle ses critiques sur la gestion du coronavirus par Pékin

WASHINGTON (Reuters) - Le secrétaire d’Etat américain s’en est de nouveau pris mercredi à Pékin pour sa gestion du coronavirus, l’accusant d’avoir “détruit des échantillons” et profité de l’épidémie pour faire pression sur ses voisins, même s’il s’est réjoui que la Chine fournisse du matériel médical pour lutter contre le virus.

Le secrétaire d'Etat américain s'en est de nouveau pris mercredi à Pékin pour sa gestion du coronavirus, l'accusant d'avoir "détruit des échantillons" et profité de l'épidémie pour faire pression sur ses voisins, même s'il s'est réjoui que la Chine fournisse du matériel médical pour lutter contre le virus. /Photo prise le 22 avril 2020/REUTERS/Nicholas Kamm

S’exprimant lors d’un point de presse, Mike Pompeo a déclaré que les Etats-Unis avaient la ferme conviction que la Chine n’avait pas fait état dès que possible de l’apparition de l’épidémie, en violation des règlements de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et s’était gardé de rapporter la transmission d’humain à humain du virus “pendant un mois, jusqu’à ce qu’il soit dans toutes les provinces” de Chine continentale.

Le chef de la diplomatie américaine a aussi accusé Pékin d’avoir suspendu les tests de nouveaux échantillons du virus, “détruit des échantillons existants” et de n’avoir pas partagé les échantillons avec le reste du monde, “rendant impossible le suivi de l’évolution de la maladie”.

L’ambassadeur de Chine à Londres a réagi à ces propos en comparant l’attitude américaine à celle des pays européens au XIXe siècle lors des guerres de l’opium.

“J’entends beaucoup de spéculations, cette désinformation sur la Chine qui aurait dissimulé des informations, c’est faux”, a dit Liu Xiaoming.

“Certains responsables, certaines personnes veulent jouer au gendarme du monde, mais nous n’en sommes plus à l’ère de la diplomatie de la canonnière, nous ne sommes plus à l’époque de la Chine moitié colonisée, moitié féodale.”

“Ces gens se croient dans une époque révolue, ils pensent qu’ils peuvent harceler le monde”, a ajouté le diplomate.

“La Chine n’est pas l’ennemie des Etats-Unis, s’ils ont choisi la Chine comme ennemie, ils se sont trompés de cible.”

L’administration Trump a multiplié les critiques sur la gestion par Pékin de l’épidémie apparue en fin d’année dernière dans le centre de la Chine, à Wuhan, avant de se propager dans le monde.

Même après que les autorités chinoises ont notifié l’OMS du nouveau virus, Pompeo a déclaré que la Chine “n’a pas partagé toutes les informations qu’elle avait”. Au lieu de cela, a poursuivi le représentant américain, “elle a caché à quelle point la maladie était dangereuse”.

Donald Trump a annoncé la semaine dernière la suspension du financement américain de l’OMS, accusant l’agence onusienne d’avoir encouragé la “désinformation” chinoise au sujet de l’épidémie. Des représentants de l’OMS ont rejeté ces accusations et fait savoir que la Chine avait fait preuve de transparence.

Le président américain a mis en doute le bilan de l’épidémie rapporté de Chine et prévenu que celle-ci ferait face à des “conséquences” s’il était avéré qu’elle était “sciemment responsable” du nouveau virus.

David Brunnstrom et Humeyra Pamuk; version française Jean Terzian et Nicolas Delame

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