April 22, 2020 / 11:34 AM / a month ago

Coronavirus: L'Australie discute d'une enquête internationale

SYDNEY (Reuters) - Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a discuté mercredi de l’ouverture éventuelle d’une enquête internationale sur la pandémie de coronavirus avec les présidents français et américain ainsi qu’avec la chancelière allemande.

Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a discuté mercredi de l'ouverture éventuelle d'une enquête internationale sur la pandémie de coronavirus avec les présidents français et américain ainsi qu'avec la chancelière allemande. /Photo prise le 28 février 2020/REUTERS/Loren Elliott

L’offensive de l’Australie en faveur d’un examen indépendant des origines de la pandémie, de sa propagation dans le monde et de la réponse de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), suscite de vives critiques en Chine, qui accuse les parlementaires australiens d’être à la solde des Etats-Unis.

Le nouveau coronavirus, qui serait apparu sur un marché de Wuhan, dans le centre de la Chine, a été signalé par les autorités chinoises à l’OMS pour la première fois le 31 décembre. Quand les responsables de l’OMS sont arrivés à Wuhan le 20 janvier, le virus s’était déjà propagé dans trois autres pays.

Il a depuis infecté quelque 2,3 millions de personnes dans le monde et fait près de 160.000 morts, selon le dernier décompte de Reuters.

Dans un message posté sur Twitter, Scott Morrison a déclaré mercredi avoir eu “une discussion très constructive” avec Donald Trump sur les actions engagées par les deux pays pour lutter contre le coronavirus et sur la nécessité de relancer leurs économies respectives.

“Nous avons également parlé de l’OMS et du fait de travailler ensemble pour améliorer la transparence et l’efficacité des réponses internationales aux pandémies”, a-t-il écrit.

Le Premier ministre australien s’est également entretenu avec Angela Merkel et Emmanuel Macron sur le rôle de l’OMS, a indiqué son bureau.

Pour le président français, le moment est toutefois mal choisi, au plus fort de l’épidémie.

Le chef de l’Etat a reconnu qu’il y avait eu des problèmes au départ, mais a jugé “que l’urgence est à la cohésion et que ce n’est pas le moment de parler de cela maintenant”, tout en réaffirmant le besoin de transparence, a-t-on déclaré à l’Elysée.

En Allemagne, Steffen Seibert, porte-parole d’Angela Merkel, a fait état d’une position similaire de la chancelière.

“Lorsque le moment sera venu, il sera nécessaire d’analyser chaque phase de la pandémie. Nous avons tous besoin de savoir ce qui s’est passé, quels ont été les résultats des décisions et une transparence est nécessaire”, a-t-il déclaré.

UNE ENQUÊTE MÊME SANS LE CONSENTEMENT LA CHINE?

L’Australie étudie si l’OMS peut être autorisée, comme les inspecteurs internationaux chargés de superviser le démantèlement des armes, à entrer dans un pays pour enquêter sur la flambée épidémique sans attendre le consentement de ce dernier, a déclaré à Reuters une source gouvernementale.

Donald Trump a demandé ce mois-ci à son administration de cesser de financer l’OMS, estimant que l’organisation avait encouragé la “désinformation” chinoise au sujet du virus, ce qui aurait conduit à une épidémie plus importante.

Certains parlementaires australiens doutent également de la transparence de Pékin sur la gestion de la pandémie.

L’ambassade de Chine à Canberra a déclaré mardi dans un communiqué que les parlementaires australiens agissaient comme le porte-parole de Donald Trump et que “certains responsables politiques australiens se conduisaient comme des perroquets des Américains (...)”.

La ministre des Affaires étrangères, Marise Payne, a répondu que l’Australie se voulait au contraire le chef de file en faveur d’une ouverture d’une enquête sur la pandémie.

L’Australie a enregistré un peu plus de 6.600 cas de contamination au coronavirus, mais son taux d’infection est passé de 25% à la mi-mars à moins de 1% par jour.

Les pouvoirs locaux envisagent ainsi d’assouplir certaines mesures de restriction. La célèbre plage de Bondi Beach à Sydney sera par exemple partiellement rouverte la semaine prochaine.

version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot

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