April 11, 2020 / 10:29 AM / 4 months ago

Pétrole: Pas de mention d'une baisse de la production dans le communiqué du G20

MOSCOU/LONDRES/DUBAI (Reuters) - Les principaux pays exportateurs de pétrole ne sont pas parvenus à finaliser vendredi, durant une réunion des ministres de l’Energie du G20, un accord sur une baisse de leur production alors qu’une querelle a opposé l’Arabie saoudite et le Mexique malgré une offre de médiation des Etats-Unis.

Le ministre de l'Énergie de l'Arabie saoudite, le prince Abdulaziz bin Salman Al-Saud, prend la parole lors d'une réunion d'urgence virtuelle des ministres de l'énergie du G20 à Riyad, en Arabie Saoudite. Les principaux pays exportateurs de pétrole ne sont pas parvenus à finaliser vendredi un accord sur une baisse de leur production alors qu'une querelle a opposé l'Arabie saoudite et le Mexique malgré une offre de médiation des Etats-Unis. /Image diffusée le 10 avril 2020/REUTERS/Ministère de l'Énergie de l'Arabie saoudite

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, dont la Russie, un groupe désigné sous le nom d’Opep+, étaient convenus jeudi au terme de plusieurs heures de pourparlers d’une baisse de leur production de 10 millions de barils par jour, soit 10% de l’offre mondiale, à compter du 1er mai dans l’espoir d’enrayer la chute des cours provoquée notamment par l’épidémie de coronavirus.

La Russie a demandé à ce que les Etats-Unis, premier producteur mondial, et d’autres pays comme le Canada réduisent leur production de cinq millions de barils par jour (bpj).

Mais les efforts destinés à finaliser un accord ont connu un couac lorsque le Mexique a fait savoir qu’il diminuerait sa production de seulement un quart du volume demandé par l’Opep+.

Cette baisse massive de l’offre vise à enrayer la chute des cours du pétrole qui dépasse 50% depuis le début de l’année, un mouvement lié à l’effondrement exceptionnel de la demande de brut après les multiples mesures de confinement prises pour tenter de freiner la pandémie de coronavirus.

La crise a été amplifiée par la rupture du précédent pacte liant la Russie et l’Opep, qui a amené l’Arabie saoudite à déclencher une guerre des prix en gonflant sa production.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré vendredi que Donald Trump lui avait proposé de l’aider en réduisant davantage la production des Etats-Unis pour le compte du Mexique, une offre surprenante de la part du président américain qui s’est longtemps opposé à l’Opep.

Donald Trump, qui a menacé l’Arabie saoudite de droits de douane sur le pétrole si elle ne résolvait pas le problème de surapprovisionnement du marché, a dit que Washington allait aider le Mexique et se ferait rembourser ultérieurement. Il n’a pas indiqué comment cela allait fonctionner.

En dépit de cette offre, aucun accord n’a été conclu.

“GARANTIR LA STABILITÉ DU MARCHÉ”

Selon deux sources au fait des discussions, l’Arabie saoudite s’est opposée jeudi au Mexique et les deux pays ont eu une nouvelle confrontation vendredi, lorsque le royaume wahhabite a supervisé les discussions entre les ministres de l’Energie du G20 destinées à approuver les efforts de l’Opep+.

Plusieurs heures après la fin des pourparlers, un communiqué diffusé par le G20 n’a fait aucune mention d’une réduction ni de quantités, évoquant simplement des “mesures pour garantir la stabilité du marché de l’énergie”.

On ne savait pas dans l’immédiat si l’Opep+ parviendrait à finaliser son pacte.

“Nous appelons tous les pays à utiliser tous les moyens à leur disposition pour aider à réduire l’offre en excédent”, a déclaré le secrétaire américain à l’Energie lors de la réunion.

Dan Brouillette a ajouté que les Etats-Unis apporteraient leur soutien avec le déclin naturel de leur production pétrolière, provoqué par des facteurs économiques. S’il ne s’agit pas d’une coupe formelle, cela constitue tout de même un virage majeur pour un pays qui ne s’était jamais joint aux efforts coordonnés de l’Opep.

Le secrétaire américain a fait savoir que la production des Etats-Unis pourrait chuter à 2 ou 3 millions de barils par jour d’ici la fin de l’année, soit un déclin plus important en un temps plus court qu’indiqué auparavant par des représentants.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin a déclaré que des mesures impliquant des pays extérieurs à l’Opep+ étaient “inévitables”, même s’il a admis que la législation des Etats-Unis empêchait les producteurs américains de prendre part à un mouvement coordonné sur le marché.

Lopez Obrador a annoncé que le Mexique avait proposé de réduire sa production pétrolière de 100.000 bpj seulement, contre les 400.000 bpj demandés par l’Opep+. Mais il a ajouté lors d’une conférence de presse à Mexico que “le président Trump m’a déclaré que les Etats-Unis s’engageaient à nous aider avec une baisse de 250.000 bpj en plus” de ce qu’ils vont faire.

Le président mexicain a pour priorité un accroissement de la production pétrolière de son pays, sans réellement se préoccuper d’une chute des cours du pétrole.

avec Olesya Astakova à Moscou, Shadia Nasralla à Londres, Marianna Parraga à Mexico, Jeff Mason à Washington; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian

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