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International

Pompeo visite une colonie israélienne et le plateau du Golan

JERUSALEM (Reuters) - Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a visité jeudi une colonie israélienne de Cisjordanie avant de se rendre sur le plateau du Golan, deux ruptures majeures avec la politique passée des Etats-Unis vis-à-vis d’Israël.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (gauche) a visité jeudi une colonie israélienne de Cisjordanie avant de se rendre sur le plateau du Golan, marquant ainsi symboliquement deux ruptures majeures de l'administration de Donald Trump avec les politiques passées des Etats-Unis vis-à-vis d'Israël. /Photo prise le 19 novembre 2020/REUTERS/Maya Alleruzzo

Un an après avoir annoncé que Washington ne jugeait plus les implantations juives dans les territoires palestiniens occupés non conformes au droit international, contrairement à l’ensemble de la communauté internationale, Mike Pompeo s’est rendu dans l’exploitation viticole de Psagot, une colonie située près de Ramallah, capitale de facto de l’Autorité palestinienne, en Cisjordanie.

“Nous avons déjeuné aujourd’hui au pittoresque domaine viticole de Psagot. Malheureusement, Psagot et d’autres affaires ont été les cible des efforts d’étiquetage pernicieux de l’Union européenne qui facilitent le boycott des entreprises israéliennes. Les Etats-Unis soutiennent Israël et ne toléreront aucune forme de discrédit”, écrit-il sur Twitter.

Selon les directives de l’UE, qui juge les implantations israéliennes illégales, les étiquettes des produits qui en proviennent doivent le mentionner clairement.

Les viticulteurs de Psagot ont baptisé un de leurs vins du nom du chef de la diplomatie américaine, qui est le premier à se rendre ainsi dans une colonie juive en territoire occupé.

“Cette visite blesse chaque Palestinien et elle est contraire à toutes les lois internationales”, avait déclaré dès mercredi à Reuters la ministre palestinienne du Tourisme, Roula Maayah, après avoir eu vent de ce projet. “Nous espérons que les choses changeront à l’avenir avec le (prochain) gouvernement américain et que les Américains considéreront à nouveau les colonies comme des entités contraires au droit international.”

On ignore encore les intentions du président élu Joe Biden envers Israël, mais les observateurs s’attendent à le voir adopter une approche plus dure sur la question des colonies.

LA CAMPAGNE “BDS” VISÉE PAR WASHINGTON

Mike Pompeo s’est également rendu sur le plateau du Golan, pris par Israël à la Syrie lors de la guerre des Six-Jours, en 1967, puis annexé en 1981, ce qui n’a pas été reconnu par la communauté internationale.

Washington a cependant reconnu l’an dernier la souveraineté revendiquée par Israël sur ce territoire.

“Je voulais vraiment venir ici lors de ce voyage pour dire au monde que nous avons raison, que nous, les Etats-Unis, avons raison, qu’Israël a raison. Chaque nation a le droit de défendre dans sa propre souveraineté”, a-t-il déclaré.

Nabil Abou Roudeinah, porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a estimé que cette visite constituait un “partenariat actif dans cette occupation”.

Le secrétaire d’Etat américain a parallèlement promis que Washington allait prendre de nouvelles mesures contre les efforts propalestiniens visant à isoler Israël sur les plans économique et diplomatique.

“Je veux que vous sachiez que nous allons prendre immédiatement des mesures pour identifier les organisations qui participent à la campagne haineuse BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) et leur retirer le soutien du gouvernement américain”, a déclaré Mike Pompeo au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une rencontre à Jérusalem.

“Nous considérerons que cette campagne mondiale anti-israélienne BDS est antisémite”, a-t-il ajouté. Les militants du mouvement BDS contestent cette affirmation.

“Au lieu de combattre le racisme systémique et l’extrémisme de droite aux Etats-Unis, l’administration Trump affaiblit la lutte commune contre le fléau de l’antisémitisme en l’assimilant à une campagne pacifique de boycotts”, a estimé Eric Goldstein, directeur de Human Rights Watch pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord.

Dan Williams, Jeffrey Heller, version française Jean-Stéphane Brosse

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