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International

Trump a demandé des options pour attaquer l'Iran mais s'est abstenu

WASHINGTON/DUBAI/JERUSALEM (Reuters) - Le président américain Donald Trump a demandé des options pour mener une attaque contre le principal site nucléaire de l’Iran la semaine dernière mais il s’est au final décidé à ne pas prendre cette mesure radicale, a déclaré lundi un représentant américain.

Le président américain Donald Trump a demandé des options pour mener une attaque contre le principal site nucléaire de l'Iran la semaine dernière mais il s'est au final décidé à ne pas prendre cette mesure radicale, a déclaré lundi un représentant américain. /Photo prise le 13 novembre 2020/REUTERS/Carlos Barria

Il a effectué cette demande jeudi lors d’une réunion avec ses principaux conseillers à la sécurité nationale à laquelle participaient le vice-président Mike Pence, le nouveau chef par intérim du Pentagone, Christopher Miller, et le chef d’état-major des armées, le général Mark Milley, a précisé le représentant.

Une attaque américaine contre l’Iran donnerait lieu à une riposte “dévastatrice”, a réagi mardi le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabiei.

En Israël, où l’on a longtemps fait allusion à une éventuelle frappe militaire contre l’Iran, le ministre israélien de l’Energie, Yuval Steinitz, a déclaré: “Si j’étais iranien, je ne me sentirais pas à l’aise” après cette information. Il a ajouté tout ignorer des discussions de la Maison blanche sur le sujet.

“Il est très important que les Iraniens sachent que si, en effet, ils s’orientent soudainement vers des niveaux d’enrichissement élevés, dans l’objectif de l’armement nucléaire, ils sont susceptibles de rencontrer la puissance militaire des Etats-Unis et aussi, peut-être, celle d’autres pays”, a-t-il dit sur les ondes de la radio de l’armée israélienne.

L’Iran assure que son programme nucléaire n’a que des visées pacifiques.

“PRESSION MAXIMALE” CONTRE TÉHÉRAN

Donald Trump, qui refuse de reconnaître la victoire de Joe Biden lors de l’élection présidentielle du 3 novembre, doit céder le pouvoir à Biden le 20 janvier prochain.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, le représentant a confirmé le compte-rendu de la réunion effectué par le New York Times, selon lequel Donald Trump a été convaincu par ses conseillers de ne pas mener une frappe contre l’Iran à cause des risques d’un conflit plus vaste.

“Il a demandé des options. Ils lui ont proposé des scénarios et il a au final décidé de ne pas aller plus loin”, a déclaré le représentant.

La Maison blanche a décliné une demande de commentaire.

Au cours de ses quatre années de mandat, Donald Trump a mené une politique de “pression maximale” contre Téhéran, se retirant en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien signé trois ans plus tôt par son prédécesseur démocrate Barack Obama et imposant des sanctions contre un éventail d’entités et individus iraniens.

Donald Trump a fait sa demande un jour après que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rapporté que l’Iran avait terminé le transfert vers un site souterrain d’un premier ensemble de centrifugeuses destinées à l’enrichissement d’uranium, en violation de l’accord de 2015.

En janvier dernier, le président américain avait ordonné une frappe ayant tué le commandant iranien Qassem Soleimani à l’aéroport de Bagdad, provoquant alors une flambée des tensions avec Téhéran.

Mais Donald Trump s’est abstenu de se lancer dans des conflits militaires plus importants et a cherché à effectuer le retrait des troupes américaines de différents lieux de tension au Moyen-Orient, dans une volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme des “guerres sans fin” et coûteuses.

Une frappe contre un site nucléaire iranien serait à même d’engendrer une escalade des tensions dans la région et de représenter un défi majeur en matière de politique étrangère pour Joe Biden.

L’équipe de transition du président élu, qui n’a pas accès aux données des services du renseignement américains du fait du refus de l’administration Trump de débuter la transition, a décliné une demande de commentaire.

Bureau de Dubai et Dan Williams à Jerusalem,; version française Jean Terzian et Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot

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