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Brexit: Londres ouvert à un compromis "raisonnable" sur la pêche avec l'UE

LONDRES (Reuters) - Le Royaume-Uni s’est dit lundi ouvert à un compromis “raisonnable” sur la pêche avec l’Union européenne (UE), soulignant la volonté des deux parties de parvenir à un accord sur leur relation commerciale après le Brexit alors qu’un nouveau cycle de négociations est prévu cette semaine.

Le Royaume-Uni s'est dit lundi ouvert à un compromis "raisonnable" sur la pêche avec l'Union européenne (UE), soulignant la volonté des deux parties de parvenir à un accord sur leur relation commerciale après le Brexit alors qu'un nouveau cycle de négociations est prévu cette semaine. Photo: le ministre britannique de l'Environnement George Eustice. /Photo prise le 30 septembre 2020/REUTERS/Hannah McKay

Ces négociations visent à parvenir à un compromis pour encadrer les relations entre les deux camps après la fin, le 31 décembre, de la période de transition qui a suivi la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

“Il y a toujours des différends, il y a toujours des obstacles à surmonter”, a déclaré le ministre britannique de l’Environnement George Eustice à la chaîne de télévision Sky. “Mais je pense qu’il existe désormais une bonne volonté des deux côtés pour faire progresser les choses”.

Dimanche, le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est voulu optimiste sur un accord avec Bruxelles. “Les grandes lignes sont assez claires. Il ne reste plus qu’à le faire”, a-t-il dit.

Le responsable des négociations sur le Brexit pour l’UE, Michel Barnier, a déclaré à Reuters être “très heureux d’être de retour à Londres (pour les négociations)”. “Le travail continue”, a-t-il ajouté.

S’exprimant par la suite sur Twitter, Michel Barnier a indiqué que l’Union européenne redoublait d’efforts pour parvenir à un accord, citant trois conditions afin d’obtenir un compromis.

Pour le négociateur européen, un éventuel accord entre les deux camps devra respecter l’autonomie du bloc communautaire et de la Grande-Bretagne, proposer une gouvernance efficace et les moyens de faire appliquer ce qui a été convenu.

Cet accord devra également proposer “des garanties solides d’un commerce libre et équitable et d’une concurrence fondée sur des normes élevées communes” et celles-ci devraient évoluer de manière cohérente au fil du temps, a-t-il expliqué.

Il a ajouté que les deux camps devraient enfin se mettre d’accord sur un accès stable et réciproque aux marchés et sur la pêche.

Jusqu’ici, les négociations ont achoppé sur la pêche, les règles de libre concurrence et les questions de gouvernance, notamment les mécanismes de règlement des litiges.

“En ce qui concerne la pêche, nous avons toujours été ouverts à une approche raisonnable, en envisageant des accords qui pourraient s’étendre sur deux ou trois ans par exemple”, a déclaré George Eustice.

“La question sera de savoir quels sont les accords de partage, quel est le degré d’accès mutuel que nous autorisons dans les eaux de l’autre partie et c’est évidemment une discussion qui aura lieu chaque année, mais il peut aussi y avoir un accord de partenariat qui définit les règles de base de la manière dont nous allons travailler sur cette question.”

La perspective d’un accord à plus long terme avec l’UE sur le partage de la pêche est un élément important pour obtenir un compromis.

REMISE EN CAUSE DE L’ACCORD DE DIVORCE?

Lundi, la chambre haute du Parlement britannique, la Chambre des Lords, doit par ailleurs débattre du projet de loi sur le marché intérieur, qui permettrait à la Grande-Bretagne de remettre en cause certaines parties de l’accord de divorce signé en début d’année et qui a alarmé les responsables européens.

George Eustice a déclaré que le gouvernement rétablirait certaines clauses si elles étaient retirées du projet de loi par la Chambre des Lords.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, estime que la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine pourrait avoir un impact sur les négociations sur le Brexit.

Le président élu américain souhaite que le Royaume-Uni honore l’accord de paix nord-irlandais dit du Vendredi saint, conclu en 1998, faute de quoi il n’y aura pas d’accord commercial avec les Etats-Unis.

“Je pense que cela peut peut-être (faire une différence). Joe Biden est un véritable ami de l’Irlande, c’est quelqu’un qui en pleine campagne a pris le temps de faire une déclaration très claire sur la nécessité d’éviter le retour d’une frontière physique (entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande)”, a-t-il déclaré à la chaîne de télévision irlandaise RTE.

Une porte-parole de la Commission européenne a indiqué, pour sa part, que l’élection présidentielle américaine, n’avait pas d’incidence sur les négociations sur le Brexit qui devraient se poursuivre toute la semaine à Londres.

Guy Faulconbridge, Kate Holton, Padraic Halpin, John Chalmers et Jan Strupczewski, version française Blandine Hénault et Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot

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