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International

Les recours en justice susceptibles de retarder le début de la transition Trump-Biden

WASHINGTON (Reuters) - La législation américaine fixe un cadre clair pour un transfert ordonné des pouvoirs entre un président sortant et son successeur à la Maison blanche, mais la transition entre Donald Trump et Joe Biden risque d’être plus compliquée que les précédentes.

La législation américaine fixe un cadre clair pour un transfert ordonné des pouvoirs entre un président sortant et son successeur à la Maison blanche, mais la transition entre Donald Trump et Joe Biden risque d'être plus compliquée que les précédentes. /Photo prise le 8 novembre 2020/REUTERS/Tom Brenner

Le président républicain, qui n’a pas concédé la victoire à son adversaire démocrate, a déclaré au contraire que l’élection était “loin d’être terminée”.

Ses équipes ont lancé plusieurs recours en justice pour obtenir un nouveau décompte des voix dans plusieurs Etats décisifs. Comme en 2000 où il avait fallu cinq semaines avant que George W. Bush ne soit proclamé vainqueur aux dépens du démocrate Al Gore, ces procédures risquent de peser sur la transition.

“Une longue bataille juridique différerait (le début de) la transition, et cela pourrait être dangereux sur le front de la politique étrangères parce que le monde ne s’est pas arrêté tandis que nous étions tous focalisés sur l’élection”, dit une source républicaine au Congrès.

La personnalité de Trump est un autre élément de nature à faire de cette transition généralement tranquille un processus brouillon. L’ancien magnat de l’immobilier et ex-animateur de télévision aime en effet briser les règles et les codes.

Et en quatre années de pouvoir, il a souvent pris des décisions abruptes, notamment sur les questions de politique étrangère. “Nous craignons l’imprévisible”, confie un responsable gouvernement d’un pays allié de Washington.

Des diplomates étrangers et des observateurs de la vie politique américaine n’excluent pas de nouvelles décisions radicales de Trump d’ici au 20 janvier, date fixée pour l’investiture du futur président.

Le commerce international, le retrait de troupes américaines stationnées à l’étranger, des amnisties: le président en exercice dispose de très larges prérogatives.

Les Etats-Unis, pour limiter les risques de politisation de cette transition possiblement délicate, se sont dotés en 1964 d’une loi, le Presidential Transition Act, qui confie à des hauts fonctionnaires de carrière un pouvoir significatif sur le transfert de données et d’expertise à l’équipe du président élu, comme les briefings quotidiens des agences du renseignement par exemple.

Une fois sa victoire certifiée par l’Administration fédérale des services généraux (GSA), Biden pourra envoyer de son côté des centaines de représentants dans les agences fédérales afin de préparer la multitude de nominations auxquelles il va devoir procéder: plus de 4.000 postes sont concernés par ces nominations présidentielles pour que la machine fédérale puisse tourner dès l’investiture du nouvel entrant.

La politologue Martha Joynt Kumar, auteure en 2015 d’un essai sur les transitions, estime que Chris Liddell, chef de cabinet adjoint de la Maison blanche, et les autres membres de la présidence impliqués dans le transfert de pouvoir prennent leurs réputations au sérieux.

En face, l’équipe Biden est dirigée par Ted Kaufman, conseiller de longue date du président élu qu’il avait remplacé au Sénat en 2009 lorsqu’il était devenu vice-président de Barack Obama.

avec David Shepardson; version française Henri-Pierre André

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