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International

Klaxons et feux d'artifice pour célébrer la victoire de Biden

WASHINGTON/NEW YORK (Reuters) - Les partisans de Joe Biden ont donné libre cours à leur joie samedi à l’annonce de sa victoire, tambourinant, klaxonnant et lançant des feux d’artifice dans plusieurs villes à travers les Etats-Unis pour mieux marquer la fin d’une élection tendue jusque dans le long suspense du dépouillement.

À Times Square à New York. Les partisans de Joe Biden ont donné libre cours à leur joie samedi à l'annonce de sa victoire, tambourinant, klaxonnant et lançant des feux d'artifice dans plusieurs villes à travers les Etats-Unis pour mieux marquer la fin d'une élection tendue jusque dans le long suspense du dépouillement. /Photo prise le 7 novembre 2020/REUTERS/Carlo Allegri

Dans le camp de Donald Trump, en revanche, l’heure était à l’amertume et à la colère, des partisans scandant : “L’élection est loin d’être finie”, la phrase lancée par le président républicain sortant à l’annonce de la victoire de son adversaire démocrate. Ces rassemblements étaient cependant moindre comparés aux foules de milliers de militants pro-Biden observées dans plusieurs villes.

Même si certains groupes pro-Trump et pro-Biden se sont défiés, comme à Harrisburg, en Pennsylvanie où deux groupes rivaux se sont invectivés, aucun acte de violence n’a été rapporté.

A Washington, quelques minutes à peine après que les principales chaînes de télévision américaine ont annoncé la victoire de Joe Biden après quatre jours d’incertitude depuis la fermeture des bureaux de vote mardi, une foule a pris la direction de la Maison blanche pour des célébrations aux abords des grilles de sécurité, tandis que résonnaient au loin des feux d’artifice.

Près de la résidence présidentielle, plusieurs centaines de personnes ont formé une parade, chantant et dansant, avant de se diriger vers la Maison blanche en klaxonnant et en tambourinant.

Des cris de joie ont été entendus dans le hall de l’hôtel où sont logés les conseillers de Joe Biden. “Ça vaut chaque minute d’attente”, dit l’un d’eux - le dépouillement en Pennsylvanie, où s’est dénouée l’élection, aura duré pas loin de 90 heures.

Derrière lui, les équipes du candidat démocrate se félicitent avec le coude ou par des embrassades “virtuelles”, adaptation à la pandémie de coronavirus oblige.

A New York, bastion démocrate, l’annonce du succès de l’ancien vice-président de Barack Obama a été accueillie par des cris de joie et des klaxons à Brooklyn. “Le cauchemar est terminé”, a déclaré Andrew Ravin, 45 ans, tandis que son voisin Kenneth Henry, 51 ans, s’est réjoui de “pouvoir respirer à nouveau”.

Dans l’est d’Atlanta, en Géorgie, les cris et les feux d’artifice se sont multiplié à mesure que se propageait l’annonce de la victoire de Joe Biden.

Emmi Braselton, 37 ans, graphiste freelance d’Atlanta, se promenait avec sa fille Sylvie, âgée de 2 ans, qui lui a demandé : “C’est quoi tout ça, maman ?”

“Je lui ai dit ‘le gentil a gagné’. Et aussi, ‘il y a désormais une femme à la vice-présidence’. Elle m’a répondu : ‘Je veux être présidente’”, a raconté Braselton.

Dans la nuit, lors du discours de victoire de Joe Biden à Wilmington, dans le Delaware, la future vice-présidente Kamala Harris dira qu’elle est la première femme à accéder à cette fonction, mais pas la dernière.

Sur la côte Ouest, près de 2.000 personnes se sont rassemblées à San Francisco dans une atmosphère de carnaval, les gens dansant, criant et des flots de musique s’échappant des voitures.

A Washington, c’est au son de “Celebration” de Kool & the Gang, ou “Move on up” de Curtis Mayfield que les partisans de Joe Biden se retrouvaient pour fêter la victoire.

DÉCEPTION ET COLÈRE CHEZ LES PARTISANS DE TRUMP

Les partisans de Donald Trump, eux, hésitaient entre déception, méfiance et résignation, soulignant l’ampleur de la tâche qui attend désormais Joe Biden s’agissant de convaincre les Américains des régions plus rurales, qui considéraient Trump comme le premier président à avoir gouverné en ayant leurs intérêts à coeur.

“Ça me dégoûte, ça me rend triste”, dit Jayla Doyle, 35 ans, qui dirige un pub dans la petite ville de Mifflintown en Pennsylvanie. “Je pense que l’élection a été truquée”, ajoute-t-elle.

Des militants pro-Trump du groupe “Stop the steal” (arrêtez le vol) se sont rassemblés devant les capitoles des Etats du Michigan, de la Pennsylvanie et de l’Arizona.

A Phoenix, Arizona, des tensions se sont fait sentir lorsque des centaines de partisans pro-Trump, certains d’entre eux armés, se sont rassemblés, scandant “Trump a gagné!” et “Nous gagnerons au tribunal!”

Ces militants blâmaient les médias ayant annoncé la victoire de Joe Biden, un partisan criant “Les médias sont dans le coup!”

En Pennsylvanie, Herbie Stoner, 53 ans, a dit se méfier du Parti démocrate et douter de l’intégrité du scrutin, mais il a ajouté, comme plus de 50 partisans de Donald Trump interrogés par Reuters, être prêt à donner une chance à Joe Biden.

“Nous allons devoir l’accepter, et espérer qu’il fera ce qu’il y a de mieux pour le pays, dit-il. S’il est à la hauteur et qu’il fait le boulot, on sera avec lui.”

Aram Roston et Ned Parker, avec Rich McKay, Trevor Hunnicutt, Ted Hesson, Humeyra Pamuk et James Oliphant; version française Jean Terzian et Camille Raynaud; édité par Benjamin Mallet et Henri-Pierre André

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