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Trump dénonce un "vol" alors que Biden approche de la victoire

WASHINGTON/WILMINGTON, Delaware (Reuters) - Alors que ses chances de réélection s’estompaient à mesure que le dépouillement se poursuivait dans plusieurs Etats clés, le président républicain Donald Trump a lancé jeudi de vives attaques contre le processus démocratique américain, prétendant à tort que l’élection présidentielle lui était volée.

Alors que ses chances de réélection s'estompaient à mesure que le dépouillement se poursuivait dans plusieurs Etats clés, le président républicain Donald Trump a lancé jeudi de vives attaques contre le processus démocratique américain, prétendant à tort que l'élection présidentielle lui était volée. /Photo prise le 5 novembre 2020/REUTERS/Carlos Barria

S’exprimant à la Maison blanche, Donald Trump s’en est pris au personnel électoral et a dénoncé sans preuve une fraude dans les Etats où la progression du dépouillement semblait rapprocher son rival démocrate Joe Biden d’une victoire.

“Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement”, a dit le président sortant au cours de sa première apparition publique depuis mercredi matin. “Ils essaient de voler une élection. Ils essaient de truquer une élection, et nous ne pouvons pas laisser faire cela”, a-t-il ajouté, avant de quitter la salle sans accepter de questions des journalistes.

L’avance de Donald Trump se réduisait en Pennsylvanie et en Géorgie, tandis que Joe Biden conservait une courte avance dans le Nevada et en Arizona, des Etats décisifs.

Pour remporter la victoire, un candidat doit obtenir 270 voix au sein du collège de 538 grands électeurs désignés Etat par Etat. Selon les projections de l’institut Edison Research, Joe Biden est déjà assuré de 243 grands électeurs contre 214 pour Donald Trump.

Plusieurs chaînes de télévision américaines créditent le candidat démocrate de 253 grands électeurs contre 214 pour le président sortant, ayant donné mercredi Joe Biden victorieux dans deux Etats “bascule” - le Michigan et le Wisconsin.

Une victoire en Pennsylvanie pourrait désormais suffire à Joe Biden pour être élu. Autre possibilité pour l’ancien-vice président d’accéder à la Maison blanche, devancer Donald Trump dans deux des trois Etats suivants: Géorgie, Nevada et Arizona.

La route de Donald Trump vers une réélection semble plus escarpée. Le président sortant doit conserver son avance en Pennsylvanie et en Géorgie, tout en s’adjugeant le Nevada ou l’Arizona.

PATIENCE

Alors que des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, des partisans des deux candidats ont organisé de petits rassemblements - pour la plupart pacifiques - devant des bureaux de vote dans les Etats où le dépouillement pourrait être décisif. Des centaines de milliers de bulletins, pour la plupart envoyés par courrier sur fond de crise sanitaire, restaient à compter.

Il faudra peut-être attendre plusieurs jours pour connaître les résultats définitifs dans les Etats encore non “attribués” par les projections. La secrétaire d’Etat de Pennsylvanie, Kathy Boockvar, a déclaré jeudi après-midi qu’environ 350.000 bulletins restaient à dépouiller, mais que l’essentiel du comptage pourrait avoir été effectué vendredi.

En Géorgie, un représentant de la commission électorale a indiqué que “cela prendra du temps” d’enregistrer les dizaines de milliers de bulletins de vote restants. Plusieurs jours devraient aussi être nécessaires en Arizona et dans le Nevada.

Donald Trump s’est exprimé à la Maison blanche après avoir publié dans la journée une série de messages sur Twitter appelant à l’arrêt du dépouillement, alors même qu’il était donné derrière Joe Biden dans suffisamment d’Etats pour que le candidat démocrate remporte le scrutin.

Pendant ce temps, les équipes de campagne du président sortant ont multiplié les recours devant les tribunaux, en Géorgie, dans le Michigan, le Nevada et en Pennsylvanie. Cependant un juge du Michigan a rapidement rejeté la plainte de la campagne Trump visant à y suspendre le dépouillement.

Selon des experts juridiques, il est peu probable que les procédures juridiques affectent l’issue de l’élection présidentielle.

“PARFOIS CONFUS”

“Personne ne va nous enlever notre démocratie”, a écrit Joe Biden sur Twitter peu après la prise de parole de Donald Trump à la Maison blanche. Il avait fait part plus tôt, depuis Wilmington dans le Delaware où il réside, de sa confiance sur l’issue du scrutin et appelé au calme pendant le dépouillement.

“La démocratie, c’est parfois confus”, a déclaré le candidat démocrate. “Cela requiert parfois aussi un peu de patience. Mais cette patience a été récompensée pendant plus de 240 années désormais, dans un système de gouvernance qu’envie le monde”.

Une enquête d’opinion Reuters/Ipsos montre qu’une majorité bipartisane d’Américains rejette la proclamation prématurée de victoire de Donald Trump mercredi matin.

Seules 16% des personnes interrogées ont dit accepter cette proclamation, tandis que la plupart des sondés (84%) ont dit être disposés à attendre que l’ensemble des bulletins soient dépouillés avant de décider du vainqueur.

La rhétorique de Donald Trump a toutefois semblé résonner auprès de certains de ses partisans. Un groupe Facebook dénommé “Arrêtez le vol”, relayant des théories complotistes de fraude électorale, a été rejoint jeudi par des centaines de milliers d’utilisateurs du réseau social, avant que celui-ci ne supprime la page en citant des appels à la violence.

L’incertitude du scrutin a mis en exergue les profondes divisions politiques aux Etats-Unis, tandis que le temps nécessaire au décompte des millions de bulletins transmis par correspondance rappelle l’impact de la crise sanitaire du coronavirus qui continue chaque jour de tuer des Américains.

Même si Joe Biden s’impose, les démocrates n’auront pas obtenu le raz-de-marée qu’ils espéraient, un symbole de la cote de popularité dont dispose toujours Donald Trump en dépit de quatre années tumultueuses à la Maison blanche.

Donald Trump, qui veut éviter de devenir le premier président sortant à ne pas être réélu depuis George H.W. Bush en 1992, devrait conserver une forte influence sur le Parti républicain même s’il venait à s’incliner.

avec Lawrence Hurley, Jason Lange, Sarah N. Lynch, Daphne Psaledakis, Andy Sullivan, Doina Chiacu, Susan Heavey; version française Jean Terzian

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