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Résultat toujours indécis, Trump multiplie les recours

WASHINGTON/WILMINGTON, Delaware (Reuters) - L’incertitude plane toujours mercredi sur l’issue de l’élection présidentielle américaine, qui ne sera pas connue avant plusieurs heures voire plusieurs jours, bien que Donald Trump et l’équipe de campagne de Joe Biden aient revendiqué la victoire.

L'incertitude plane toujours mercredi sur l'issue de l'élection présidentielle américaine, qui ne sera pas connue avant plusieurs heures voire plusieurs jours, bien que Donald Trump et l'équipe de campagne de Joe Biden aient revendiqué la victoire. /Photo diffusée le 4 novembre 2020/REUTERS/Jonathan Ernst/Brian Snyder

L’équipe du candidat républicain, a saisi la justice dans l’Etat du Michigan, où Biden le devance de peu, pour suspendre les opérations de dépouillement, mais également dans l’Etat de Pennsylvanie, accusant ses adversaires de “dissumuler” certains bulletins de vote.

Sans attendre la fin du dépouillement, et sans qu’aucune projection venant d’un média reconnu ou d’Edison Research, l’équipe de campagne de Donald Trump l’a déclaré vainqueur dans cet Etat de l’Est.

L’équipe du président sortant a en outre réclamé un nouveau décompte dans l’Etat du Wisconsin tombé dans l’escarcelle de Joe Biden.

Les dernières projections de CNN créditent Joe Biden de 237 grands électeurs contre 213 pour Donald Trump. Il faut les voix d’au moins 270 des 538 grands électeurs formant le Collège électoral pour être élu président des Etats-Unis.

Au terme d’une campagne bouleversée par la pandémie due au coronavirus, dans le contexte d’une polarisation extrême de la société américaine, le duel reste particulièrement indécis dans la Pennsylvanie, le Michigan.

Dans le Maine, le candidat démocrate a remporté trois grands électeurs sur quatre, Donald Trump s’adjugeant le quatrième délégué dans cet Etat où la règle du “Winner takes all” ne s’applique pas.

Dans le Michigan et en Géorgie, les autorités espérent achever le dépouillement avant la fin de la journée.

ACCUSATIONS DE FRAUDE

S’exprimant face à la presse à la Maison blanche, le président républicain a revendiqué dès mardi soir la victoire.

“Nous nous préparions à remporter cette élection. Franchement, nous avons remporté cette élection”, a-t-il affirmé, ajoutant sans preuve qu’un “petit groupe de gens” essayait de lui voler la victoire.

“C’est une fraude majeure contre notre nation. Nous voulons que la loi soit utilisée de manière appropriée. Nous allons donc aller devant la Cour suprême. Nous voulons que tous les votes cessent”, a-t-il poursuivi sur l’estrade installée dans l’aile Est de la Maison blanche, flanqué de Mike Pence, son vice-président.

Mercredi, Donald Trump a de nouveau mis en cause le déroulement de l’élection.

“Hier soir, je menais, souvent solidement, dans de nombreux Etats clés, presque tous dirigés et contrôlés par les démocrates. Puis, un par un, ils ont commencé à disparaître comme par magie à mesure que des bulletins de vote surprise étaient comptabilisés. TRÈS ÉTRANGE. Les ‘sondeurs’ se sont complètement et historiquement trompés”, a-t-il tweeté.

A ce stade, Donald Trump s’est imposé en Floride (29 grands électeurs), dans l’Ohio (18) et au Texas (38), anéantissant les espoirs d’une “vague bleue” qui aurait scellé rapidement la victoire de Joe Biden.

Le président républicain avait construit sa victoire face à Hillary Clinton, il y a quatre ans, dans la région des Grands lacs (nord-est), où trois Etats (Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin) sont des enjeux cruciaux.

C’est là aussi que Joe Biden compte précisément arracher les grands électeurs qui lui font encore défaut pour tourner la page du trumpisme et faire de l’ex-magnat de l’immobilier le premier président sortant incapable de remporter un second mandat depuis George H. Bush en 1992.

Remporter le triptyque Wisconsin-Pennsylvanie-Michigan devrait en effet suffire à l’ex-vice-président de Barack Obama pour passer le cap des 270 grands électeurs du Collège électoral.

L’équipe de campagne de Joe Biden a indiqué de son côté que ses avocats étaient prêts à passer à l’action si le président sortant saisissait les tribunaux pour s’opposer à une prise en compte adéquate de tous les suffrages, exprimés avant ou pendant le scrutin du 3 novembre.

DES ARMÉES D’AVOCATS

D’autres Etats sont encore dans la balance, comme l’Arizona (11 grands électeurs) que Biden pourrait prendre à Trump, selon des projections de la chaîne Fox News et d’Associated Press.

Donald Trump avait déjà multiplié pendant la campagne des accusations sans fondement selon lesquelles le recours accru au vote par courrier allait entraîner une fraude massive. Les experts estiment que la fraude électorale est rare aux Etats-Unis, où le vote par correspondance est une tradition de longue date.

Le vainqueur sera à la tête d’une nation ravagée par l’épidémie de coronavirus - qui a tué plus de 231.000 Américains et mis des millions de personnes au chômage -, les tensions raciales et les divisions politiques, qui se sont amplifiées au cours d’une campagne électorale au vitriol.

Trevor Hunnicutt à Wilmington Delaware, et Jeff Mason à Washington, avec Jason Lange, Steve Holland et Susan Heavey à Washington, Katanga Johnson et Rich McKay à Atlanta, et Tim Reid à Los Angeles; version française Jean Terzian, Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Claude Chendjou

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