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International

USA 2020: En clôture de la campagne, Trump et Biden courtisent les Etats clés

KENOSHA, Wisconsin/PITTSBURGH, Pennsylvanie (Reuters) - Le président républicain Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden ont livré lundi soir leurs derniers efforts de campagne dans les Etats clés pour l’élection présidentielle américaine, alors que leurs équipes respectives se préparent à une bataille qui pourrait prendre un tour juridique au-delà du jour J, mardi.

Le président républicain Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden ont livré lundi soir leurs derniers efforts de campagne dans les Etats clés pour l'élection présidentielle américaine. /Photo prise le 3 novembre 2020/REUTERS/Carlos Barria

Donald Trump, donné en retrait dans les intentions de vote à l’échelle nationale, a multiplié les attaques sans fondement contre le vote par correspondance, laissant entendre qu’il enverrait ses avocats dans les Etats qui continueraient de dépouiller les bulletins après l’”Election Day”.

S’exprimant lundi soir devant les journalistes, le président sortant a déclaré que le projet de la Pennsylvanie de prendre en compte les bulletins arrivés par voie postale jusqu’à trois jours après la fermeture des bureaux de vote mardi entraînerait une vaste fraude, sans expliquer comment.

Il a appelé la Cour suprême des Etats-Unis à revoir sa décision, annoncée mercredi, de ne pas interdire cette extension. “De mauvaises choses vont arriver, et de mauvaises choses mènent à plein d’autres choses”, a dit Donald Trump à la presse dans le Wisconsin, l’un des Etats “bascule” du scrutin.

Via Twitter, le locataire républicain de la Maison blanche a déclaré que la décision de la plus haute juridiction américaine allait “entraîner des violences dans les rues”. Le réseau social a apposé lundi soir une mention prévenant que le contenu de ce message était “contesté” et “pouvait être trompeur”.

Il n’est pas rare que des Etats américains prennent plusieurs jours voire plusieurs semaines pour dépouiller l’ensemble des bulletins de vote, et le recours massif au vote par courrier pourrait accroître la tendance pour cette présidentielle 2020.

“En aucun cas, Donald Trump ne sera déclaré vainqueur au soir de l’élection”, a dit aux journalistes la directrice de la campagne Biden, Jennifer O’Malley Dillon.

Joe Biden lui-même a prédit une victoire rapide, mais il a toutefois cherché aussi à dédramatiser. “J’espère une élection claire, pacifique, une importante participation”, a-t-il dit devant des journalistes à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

BASCULE

Alors que le scrutin a donné lieu à une vague sans précédent de plaintes sur les ajustements à apporter ou non au vote du fait de la crise sanitaire du coronavirus, le camp républicain et le camp démocrate ont tous deux mis sur pied des équipes d’avocats prêts à mener des batailles post-élection.

Donald Trump, 74 ans, veut éviter de devenir le premier président sortant à ne pas être réélu pour un second mandat depuis le républicain George H.W. Bush en 1992.

“Je pense que demain sera l’une des plus grandes victoires de l’histoire de la politique”, a-t-il déclaré lundi soir devant une large foule rassemblée à Grand Rapids, dans le Michigan, le lieu où il avait clos sa campagne en 2016.

En dépit de l’avance de Joe Biden dans les sondages au niveau national, la course reste trop serrée dans les Etats “bascule” - les seuls à même de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre - pour que le scrutin paraisse joué d’avance, et Donald Trump pourrait parvenir à décrocher la majorité de 270 grands électeurs au Collège électoral nécessaire pour l’emporter (sur 538 délégués).

Le président sortant a passé les ultimes jours de la campagne à prédire qu’il s’imposerait et à moquer son rival démocrate parce que celui-ci soutient les restrictions sanitaires destinées à ralentir la propagation du coronavirus.

“Un vote pour Biden est un vote pour le confinement, la misère et les licenciements”, a dit Donald Trump devant des partisans à Scranton, en Pennsylvanie.

Barack Obama, dont Joe Biden fût le vice-président pendant huit années, a dénoncé la volonté de Donald Trump de stopper mardi soir le décompte des bulletins, disant y voir une démarche antidémocratique et semblable aux pratiques de dictateurs.

“Si vous croyez en la démocratie, vous voulez que chaque vote soit dépouillé”, a dit l’ancien président démocrate lors d’un meeting à Miami, en Floride.

BARRICADES

Après la Caroline du Nord et la Pennsylvanie, Donald Trump s’est rendu dans le Wisconsin et le Michigan, quatre Etats où il s’était imposé de peu contre Hillary Clinton en 2016 mais où les sondages laissent envisager une bascule en faveur de Joe Biden.

Comme il l’a fait pendant des mois, le président sortant s’est exprimé devant de larges foules, parmi lesquelles peu nombreuses étaient les personnes munies d’un masque et respectant la distanciation sociale.

Joe Biden, 77 ans, qui a placé au coeur de sa campagne la gestion selon lui désastreuse de Donald Trump de l’épidémie de coronavirus, a pris la parole au cours d’événements dans l’Ohio et en Pennsylvanie pour lesquels le nombre de participants était limité pour raisons sanitaires.

Le vote par anticipation a atteint un niveau record pour un scrutin aux Etats-Unis. Près de 99 millions de bulletins ont été transmis, soit en personne soit par voie postale, selon les données du groupe US Elections Project basé à l’université de Floride.

Cela représente 71,6% du nombre total de votes pour l’élection présidentielle de 2016 et environ 40% des électeurs américains.

Ce niveau sans précédent signifie que le dépouillement pourrait prendre des jours voire des semaines dans certains Etats, et que le nom du vainqueur du scrutin pourrait ne pas être connu dans les heures suivant la fermeture des bureaux de vote mardi soir.

Les démocrates ont mis en avant le vote par courrier comme un moyen sûr de voter pendant la crise sanitaire, tandis que Donald Trump et ses pairs républicains comptent sur une participation massive dans les bureaux de vote mardi.

Signe des tensions entourant l’élection, plusieurs boutiques se sont barricadées ces dernières heures dans différentes villes dont Washington, New York ou encore Raleigh en Caroline du Nord.

avec Tim Reid, Zachary Fagenson, Patricia Zengerle, Daphne Psaledakis, Costas Pitas et Nandita Bose; version française Claude Chendjou, Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Jean Terzian

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