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International

Navalny: L'UE sanctionne six proches de Poutine, Londres cible le chef du FSB

BRUXELLES (Reuters) - L’Union européenne a imposé jeudi des sanctions contre six proches du président russe Vladimir Poutine en réponse à l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny en août dernier, gelant leurs avoirs et les interdisant de déplacement.

L'Union européenne a imposé jeudi des sanctions contre six proches du président russe Vladimir Poutine en réponse à l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny en août dernier, gelant leurs avoirs et les interdisant de déplacement. /Photo d'archives/REUTERS/Shamil Zhumatov

Le Royaume-Uni a parallèlement annoncé des sanctions contre le directeur du FSB, le service fédéral de sécurité russe, Alexandre Bortnikov.

A Moscou, le Kremlin a dénoncé des mesures “inamicales” qui ne resteront pas sans réponse. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a ajouté qu’il n’y avait aucune logique dans la décision des Européens.

L’opposant russe a été hospitalisé le 20 août dans un état grave à Omsk, en Sibérie, puis transféré le surlendemain à l’hôpital de la Charité, à Berlin, qu’il a quitté le 23 septembre au terme de 32 jours d’hospitalisation dont 24 dans le coma. L’Allemagne a conclu à un empoisonnement à l’aide d’un agent innervant de la famille du Novitchok.

Après l’empoisonnement au Novitchok de l’ancien agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia en mars 2018 en Angleterre, il avait fallu près d’un an pour que les Européens sanctionnent des agents du renseignement militaire russe.

Cette fois, poussée par la France et par l’Allemagne, l’Union européenne a réagi très vite.

En outre, les sanctions visent des membres du premier cercle, parmi lesquels Andreï Yarine, chef de la direction des affaires intérieures de l’administration présidentielle, et son premier adjoint, Sergueï Kirienko, précise la décision parue au Journal officiel de l’Union européenne.

Soulignant que l’opposant a été “la cible d’actes systématiques de harcèlement et de répression par des acteurs étatiques et judiciaires de la Fédération de Russie” et que le Novitchok “n’est accessible qu’à des autorités étatiques de la Fédération de Russie”, les Européens estiment qu’”il est raisonnable de conclure que l’empoisonnement d’Alexeï Navalny n’a été possible qu’avec le consentement de l’administration présidentielle”.

Sont également concernés le directeur du service fédéral de sécurité Alexander Bortnikov, le représentant de Poutine en Sibérie Sergueï Meniaïlo et deux vice-ministres de la Défense, Pavel Popov et Aleksei Krivoroutchko.

L’Institut d’Etat de recherche scientifique pour la chimie organique et la technologie (GosNIIOKhT), ayant la responsabilité de la destruction des stocks d’armes chimiques hérités de l’Union soviétique, figure aussi dans la liste au titre des personnes morales.

“Le déploiement d’un agent neurotoxique du groupe Novitchok ne serait donc possible qu’en raison d’un manquement de l’institut à sa responsabilité de détruire les stocks d’armes chimiques”, justifie le Journal officiel de l’UE.

Robin Emmott avec Alexander Marrow à Moscou; version française Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot

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