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International

USA: Amy Coney Barrett entendue par le Sénat, l'Obamacare en débat

WASHINGTON (Reuters) - Kamala Harris, colistière du démocrate Joe Biden pour la présidentielle américaine, a accusé la candidate de Donald Trump à la Cour suprême Amy Coney Barrett de vouloir remettre en cause la loi sur l’assurance-santé de Barack Obama, lundi au premier jour de l’audition de la juge par le Sénat.

Kamala Harris, colistière du démocrate Joe Biden pour la présidentielle américaine, a accusé la candidate de Donald Trump à la Cour suprême Amy Coney Barrett (photo) de vouloir remettre en cause la loi sur l'assurance-santé de Barack Obama, lundi au premier jour de l'audition de la juge par le Sénat. /Photo prise le 12 octobre 2020/REUTERS/Erin Schaff

Amy Coney Barrett, fervente catholique opposée à l’avortement et favorable au port d’armes, a été désignée par le président républicain pour remplacer Ruth Bader Ginsburg, icône du camp progressiste décédée le 18 septembre dernier.

Même s’ils ne se font guère d’illusions sur leurs chances de bloquer la nomination de la magistrate, faute de majorité à la chambre haute du Congrès, les démocrates ont dénoncé la “précipitation insensée” déployée par les républicains pour entériner le choix présidentiel, qui devrait conforter la majorité conservatrice à la Cour suprême pour des décennies.

En 2016, le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell avait refusé à Barack Obama la possibilité de nommer un remplaçant au juge Antonin Scalia, décédé en février, en invoquant comme motif le fait qu’il s’agissait d’une année électorale. Le même Mitch McConnell a en revanche annoncé après la mort de Ginsburg qu’il soumettrait rapidement au Sénat le choix de Donald Trump.

Au premier des quatre jours de son audition, Amy Coney Barrett, le visage masqué par un masque noir, s’est assise face aux sénateurs avec son mari et ses sept enfants derrière elle.

“Je suis convaincue que les Américains de toutes origines méritent une Cour suprême indépendante qui interprète notre Constitution et nos lois écrites”, a-t-elle dit lors d’une déclaration liminaire déjà rendue publique la veille.

La nomination de Coney Barrett, 48 ans, offrirait au camp conservateur une large majorité de six juges sur neuf à la Cour suprême, dont les membres sont nommés à vie, ce qui pourrait avoir des conséquences sur le droit à l’avortement, les droits religieux, les règles électorales entre autres questions sociétales et politiques.

“TRANSFORMER LES TRIBUNAUX EN INSTRUMENT DE LA DROITE”

Mais c’est le sort de l’Obamacare, qui a permis à des millions d’Américains de bénéficier d’une couverture santé, qui a focalisé l’attention de Kamala Harris et de ses collègues démocrates, Amy Coney Barrett ayant critiqué en 2012 un arrêt de la Cour suprême entérinant l’Affordable Care Act.

“Je suis absolument persuadée que cette audition est destinée à imposer la nomination d’une juge de la Cour suprême qui supprimera l’assurance santé pour des millions de personnes en pleine pandémie meurtrière”, a déclaré Kamala Harris en dénonçant une procédure “illégitime”.

“Ils voient l’opportunité de transformer des tribunaux indépendants en un instrument de l’extrême droite et du Parti républicain avec la possibilité d’obtenir en justice ce qu’ils n’ont pas réussi à faire approuver par le Congrès. Et tout en haut de la liste figure l’Affordable Care Act”, a renchéri le sénateur démocrate Patrick Leahy.

Amy Coney Barrett pourrait être nommée à temps pour participer dès le 10 novembre à une nouvelle délibération de la Cour suprême sur l’Obamacare, dont Trump et plusieurs Etats gouvernés par les républicains réclament la suppression.

Le sénateur républicain Lindsey Graham, président de la commission, a ouvert l’audition en disant s’attendre à une “longue semaine de contentieux” tout en invitant les sénateurs à respecter les procédures. “Il ne s’agit probablement pas de nous convaincre les uns les autres, à moins que quelque chose de réellement spectaculaire ne survienne. Tous les républicains voteront oui et tous les démocrates voteront non”, a-t-il dit.

Kamala Harris s’exprimait par visioconférence, la question du coronavirus s’étant invitée à l’audition car un membre républicain de la commission, Mike Lee, était présent dans la salle alors qu’il a été testé positif au SARS-CoV-2 il y a neuf jours.

Coney Barrett a été formellement désignée par Donald Trump lors d’une cérémonie bondée à la Maison blanche le 26 septembre. Quelques jours plus tard, le président américain et de nombreux membres de son entourage étaient contaminés par le coronavirus, qui a déjà fait plus de 214.000 morts aux Etats-Unis.

Kamala Harris a réclamé en vain le report de l’audition.

Version française Jean-Stéphane Brosse

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