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International

Nouvelles attaques autour du Haut-Karabakh malgré la trêve

BAKOU/EREVAN (Reuters) - L’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont accusées mutuellement lundi d’avoir procédé à de nouvelles attaques à l’intérieur et autour du Haut-Karabakh, mettant ainsi en péril la fragile trêve entrée en vigueur samedi.

A Ganja, en Azerbaïdjan. L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont accusées mutuellement lundi d'avoir procédé à de nouvelles attaques à l'intérieur et autour du Haut-Karabakh, mettant ainsi en péril la fragile trêve entrée en vigueur samedi. /Photo prise le 11 octobre 2020/REUTERS/Umit Bektas

Les forces azerbaïdjanaises ont indiqué que leurs positions militaires avaient été bombardées dans la nuit, tandis que la région séparatiste du Haut-Karabakh, située en territoire azerbaïdjanais et peuplée majoritairement d’Arméniens, a dit pour par sa part que ses forces avaient repoussé des attaques de l’armée azerbaïdjanaise.

Le cessez-le-feu, conclu après des négociations marathon à Moscou sous la tutelle du président russe Vladimir Poutine, avait déjà été violé dimanche à la suite d’un bombardement azerbaïdjanais contre un régiment arménien en riposte, selon Bakou, à une attaque arménienne à la roquette contre un immeuble civil.

Erevan rejette les accusations de l’Azerbaïdjan et Reuters n’a pas pu vérifier dans l’immédiat ces informations de manière indépendante.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré lundi qu’il était très important que le cessez-le-feu soit respecté et que la présidence étudiait la situation sur le terrain avec attention.

Les discussions organisées à Moscou constituaient le premier contact diplomatique entre Bakou et Erevan depuis que les combats ont éclaté le 27 septembre dans l’enclave.

Des responsables arméniens du Haut-Karabakh ont déploré lundi 96 nouveaux morts dans leurs rangs, portant le nombre total de décès parmi les militaires à 525 depuis le début de la reprise des combats en septembre.

Parmi les civils, on déplore au total au moins 25 morts et plus de 100 blessés.

Le bilan des pertes azerbaïdjanaises n’a pas été communiqué pour le moment.

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanyan, s’est entretenu ce lundi à Moscou avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Il a accusé l’Azerbaïdjan de contribuer à la diffusion de l’influence turque dans la région et de faire appel à des mercenaires pro-turcs, ce qu’Ankara dément.

“Nous voulons le cessez-le-feu, nous voulons des mécanismes de contrôle sur le terrain”, a-t-il dit estimant qu’ils permettraient d’identifier l’auteur d’une attaque et le camp qui ne respecte pas la trêve.

Selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense, les forces arméniennes ont tenté à plusieurs reprises d’attaquer des positions autour des régions d’Aghdere-Aghdam et de Fizuli-Jabrail. Elles continuent en outre, ajoute le ministère, de bombarder des zones dans les régions de Goranboy, Terter et Aghdam, en Azerbaïdjan.

Les autorités du Haut-Karabakh ont dit pour leur part que leurs forces avaient infligé des pertes à leurs homologues azerbaïdjanaises et que des opérations militaires à grande échelle se poursuivaient dans le secteur de Hadrut, situé dans l’enclave.

Ces informations n’ont elles aussi pas été vérifiées par Reuters de manière indépendante.

APPELS À LA TURQUIE

S’exprimant en amont d’une réunion prévue à Berlin des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne, le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a exhorté la Turquie à faire davantage pour mettre fin aux tensions.

“La Turquie n’a pas encore appelé à une trêve, et je pense qu’elle a tout à fait tort d’adopter cette position”, a-t-il déclaré.

“Je pense que le message du Luxembourg sera un appel à la Turquie, membre de l’Otan, pour qu’elle aide à organiser rapidement un cessez-le-feu”, a-t-il ajouté.

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, a pour sa part réitéré ses appels à la Turquie, pour qu’elle s’implique dans le processus de paix, qui est conduit depuis des années sous la médiation de la France, la Russie et les Etats-Unis.

La reprise des combats dans le Haut-Karabakh a fait craindre que le conflit, vieux de plusieurs décennies, ne se transforme en guerre plus vaste impliquant la Turquie, proche de Bakou, et la Russie, liée à Erevan par un accord de défense. La région est en outre traversée d’oléoducs essentiels à l’approvisionnement des marchés mondiaux du pétrole et du gaz.

Les nouveaux combats entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont les plus violents depuis l’accord de cessez-le-feu conclu en 1994, qui a mis fin à une guerre ayant fait au moins 30.000 morts.

Avec Margarita Antidze à Tbilisi; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault

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