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International

UE: Le président de la commission pêche du Parlement ferme sur le Brexit

PARIS (Reuters) - Le président de la commission pêche du Parlement européen, Pierre Karleskind, a exclu mercredi une négociation annuelle des quotas de pêche dans un éventuel accord commercial conclu entre Bruxelles et Londres sur leur future relation, s’alignant sur la ligne dure affichée jusqu’ici par Paris.

En photo, des pêcheurs déchargent des caisses de poissons à Boulogne-sur-Mer. Le président de la commission pêche du Parlement européen, Pierre Karleskind, a exclu mercredi une négociation annuelle des quotas de pêche dans un éventuel accord commercial conclu entre Bruxelles et Londres sur leur future relation, s'alignant sur la ligne dure affichée jusqu'ici par Paris. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol

“On a des lignes rouges qui sont le fait de ne pas avoir tous les ans avoir à négocier l’accès à leurs eaux et avoir à négocier tous les ans les quotas entre les différents Etats”, a déclaré l’eurodéputé français dans un entretien accordé à Reuters.

“Qui va investir dans un bateau de pêche à trois millions d’euros s’il ne sait pas si dans deux ans il aura le droit de pêcher ? Donc ça ce n’est pas possible”, a-t-il expliqué.

Selon Pierre Karleskind, l’essentiel de la négociation doit porter sur l’identification des stocks de poissons stratégiques pour les différentes parties.

Alors que certains pays ont exprimé la semaine dernière, lors du Conseil européen à Bruxelles, leur souhait de parvenir à un compromis sur la pêche, Pierre Karleskind dit qu’ils ont vite fait marche arrière quand les discussions ont commencé.

“Parce qu’on voit bien que les affaiblissements des uns sur un sujet peut avoir des répercussions sur les autres. On pourrait dire qu’est-ce que la Grèce en a à faire de la pêche en Mer du Nord? Si on est en train de s’affaiblir par rapport aux revendications des autres en Manche ou Mer du Nord, qu’est-ce qu’on va dire face à la Turquie demain ?”, a-t-il observé.

Pour lui le dossier de la pêche n’est donc pas si isolé que cela du reste des négociations.

Alors que la Grande-Bretagne a officiellement quitté l’Union européenne le 31 janvier dernier et discute avec le bloc sur sa relation future - la date-butoir étant la fin de l’année - les négociations achoppent notamment sur les droits de pêche, les règles du jeu équitables en matière de concurrence et les moyens de régler les différends.

David Frost, négociateur britannique en chef, a déclaré mercredi que la Grande-Bretagne était disposée à trouver un accord sur la pêche tant que ses termes conviennent au secteur britannique.

“Si le point d’arriver est celui où nous souhaitons parvenir, il pourrait y avoir un alignement. Il y a des limites à ce qui peut être fait”, a-t-il toutefois prévenu devant une commission parlementaire, évoquant l’hypothèse d’une période de transition.

LE MODÈLE NORVÉGIEN

Selon deux sources diplomatiques au sein de l’UE, les autres Etats membres s’emploient à convaincre Paris d’assouplir sa position sur la pêche, un sujet politique sensible pour Emmanuel Macron à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle.

Un éventuel accord entre le Royaume-Uni et l’UE, y compris sur la pêche, devra être approuvé par le Parlement européen et Pierre Karleskind aura un rôle clé à jouer.

Le Français Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, dit depuis longtemps que des négociations annuelles sur les quotas de pêche sont inacceptables.

Des sources ont cependant fait état d’un possible compromis et des diplomates de l’UE ont dit à Reuters que la France serait également contrainte d’infléchir sa position.

“Les Français se rendent très bien compte que leurs exigences en matière de pêche ne sont pas réalistes. Il faut qu’ils infléchissent leur position à un moment donné”, a déclaré sous couvert d’anonymat un diplomate de l’UE qui suit le Brexit.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé la semaine dernière que l’accord post-Brexit conclu entre le Royaume-Uni et la Norvège sur la pêche “montrait (...) que des solutions pouvaient être trouvées” dans ce domaine. Elle a rencontré lundi Michel Barnier et doit s’entretenir avec Emmanuel Macron à une date pour le moment indéterminée.

D’après les sources de l’UE, ces réunions ont pour but d’envoyer un signal à Londres sur la solidarité du bloc derrière son négociateur en chef mais elles visent aussi à infléchir la position de Paris afin de parvenir à un compromis.

Michel Barnier doit également s’entretenir avec les ministres de la Pêche des pays de l’UE, notamment au Danemark, en Irlande, en Allemagne et en Pologne dans les prochains jours afin de réduire les divergences sur le sujet.

Mercredi, deux sources diplomatiques ont indiqué que de gros progrès avaient été accomplis dans la recherche d’un accord commercial entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne, notamment sur les droits réciproques à la sécurité sociale de leurs citoyens après le Brexit.

Aucun des derniers grands obstacles, à savoir les droits de pêche, les règles du jeu équitable en matière de concurrence et les moyens de régler les différends, n’a cependant été surmonté.

Version française Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot

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