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Donald Trump et son épouse ont contracté le coronavirus

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a annoncé tôt vendredi matin avoir contracté le nouveau coronavirus, tout comme son épouse Melania, à un peu plus de trente jours de l’élection présidentielle.

Donald Trump a annoncé tôt vendredi matin avoir été testé positif au nouveau coronavirus, ainsi que son épouse Melania (à droite), un développement majeur qui intervient à un peu plus de trente jours de l'élection présidentielle. /Photo prise le 29 septembre 2020/REUTERS/Carlos Barria

“Ce soir, @FLOTUS (la première dame des Etats-Unis) et moi-même avons été testés positifs pour le Covid-19. Nous allons entamer notre quarantaine et notre protocole de rétablissement immédiatement. Nous allons nous en sortir ENSEMBLE !”, a déclaré le président américain sur son compte Twitter.

“Comme trop d’Américains l’ont fait cette année, @potus (le président des Etats-Unis) et moi-même sommes en quarantaine à domicile après avoir été testés positifs au coronavirus. Nous nous portons bien et j’ai reporté tous mes engagements à venir”, a tweeté de son côté Melania Trump.

Selon le secrétaire général de la Maison blanche Mark Meadows, le président ne présente que de “légers symptômes”. Il n’a pas fourni de précisions.

Donald Trump, qui briguera un second mandat le 3 novembre, avait dit jeudi s’être placé à l’isolement après le diagnostic positif de sa conseillère Hope Hicks.

Hope Hicks voyage régulièrement avec lui à bord de l’avion présidentiel Air Force One. Elle l’a accompagné dans l’Ohio mardi pour le débat présidentiel puis dans le Minnesota mercredi pour participer à un événement de campagne.

LA CAMPAGNE ÉLECTORALE BOULEVERSÉE

Agé de 74 ans et jugé en surpoids, le président républicain, est classé dans les catégories à risque, même si son état de santé général est bon depuis son arrivée à la Maison blanche.

Son test positif bouleverse naturellement la campagne présidentielle alors que le président sortant, qui a minimisé la gravité de l’épidémie dans ses premiers mois, est en retard sur Joe Biden dans les intentions de vote au niveau national. Le médecin du candidat démocrate a fait savoir dans la journée que Joe Biden était négatif, tout comme son épouse Jill.

Trump devait se rendre ce vendredi en Floride, un des Etats clefs où se jouera le scrutin du 3 novembre. Son déplacement ne figure plus sur le nouvel agenda diffusé par la Maison blanche.

Joe Biden est attendu, lui, dans le Michigan, autre Etat à même de faire basculer le scrutin.

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“LE PRÉSIDENT ET LA PREMIÈRE DAME VONT ACTUELLEMENT BIEN”

Sur le plan des institutions, il n’est pas question pour l’heure d’incapacité temporaire du président. Dans un communiqué, son médecin, le Dr Sean Conley, a dit s’attendre à ce qu’il continue à exercer ses fonctions “sans interruption”.

“Le président et la Première dame vont actuellement bien et ils se préparent à rester chez eux au sein de la Maison blanche durant leur convalescence”, écrit-il dans un communiqué de presse.

Dans l’éventualité où son état de santé se dégraderait, Donald Trump pourrait remettre temporairement ses prérogatives à son vice-président, Mike Pence, en application du 25e amendement de la Constitution. Ces dispositions ont déjà été appliquées en 1985, quand Ronald Reagan a subi une intervention chirurgicale puis en 2002 et 2007, quand George W. Bush a remis très brièvement ses pouvoirs à Dick Cheney, le temps de subir deux coloscopies.

ENQUÊTE ÉPIDÉMIOLOGIQUE À LA MAISON BLANCHE

Donald Trump, qui subi régulièrement des tests de dépistage du coronavirus, a continué à voyager à travers les Etats-Unis ces dernières semaines, prenant part à des rassemblements comptant des milliers de participants à l’approche des élections du 3 novembre. Souvent, il ne portait pas de masque de protection.

Compte tenu de ses contacts multiples, les services de la Maison blanche sont engagées dans un processus d’identification des cas contacts.

Actuellement en déplacement dans les Balkans, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, qui a indiqué qu’il était négatif tout comme son épouse, a déclaré qu’il réétudiait par mesure de précaution l’opportunité de se rendre comme prévu en Asie.

Pompeo n’a pas vu Trump depuis le 15 septembre.

La contamination du président éclaire aussi d’un jour nouveau le débat qui agite le pays depuis des mois sur la gestion fédérale à l’épidémie de SARS-CoV-2, que Trump est accusé d’avoir minimisée et qui a fait plus de 200.000 morts aux Etats-Unis.

La crise sanitaire a été l’un des principaux thèmes abordés lors du débat télévisé chaotique qui l’a opposé à son rival démocrate Joe Biden mardi à Cleveland, dans l’Ohio.

L’ex-vice-président de Barack Obama a mis en doute le leadership de Donald Trump dans cette crise, déclarant qu’il avait paniqué et échoué à protéger les Américains parce qu’il était davantage préoccupé par l’économie. Donald Trump s’en est offusqué et a assuré que son administration et lui avaient fait “un travail génial”.

LES MARCHÉS FINANCIERS DANS LE ROUGE

L’annonce du test positif de Donald Trump a soulevé une vague d’inquiétudes sur les marchés financiers. Les Bourses européennes ont ouvert en nette baisse pour finir sur une note hésitante, tandis que Wall Street recule. Les actifs jugés les plus sûrs comme le dollar, le yen et la dette souveraine ont été recherchés.

“Trump était déjà en retard sur Biden et il a clairement échoué à réduire l’écart après le premier débat. Je présume que les marchés vont pencher vers l’avis d’une probable victoire de Biden”, relève Naoya Oshikubo, économiste chez Sumitomo Mitsui Trust Asset Management. “Ce qui m’inquiète, ajoute-t-il, c’est que Trump, maintenant qu’il a attrapé le virus, devienne encore plus agressif envers la Chine (ndlr, où il est apparu avant de se propager au reste de la planète).”

TRUMP “PAIE LE PRIX DE SON PARI”

En Chine, Hu Jixin, l’influent rédacteur du chef du Global Times, a estimé que “le président Trump et la Première dame paient le prix du pari du président de minimiser le Covid-19”. “Cette nouvelle montre la gravité de la situation pandémique aux Etats-Unis. Elle aura un impact négatif sur l’image de Trump, sur l’image des Etats-Unis et pourrait aussi avoir un effet négatif sur sa réélection”.

Donald Trump n’est pas le premier dirigeant à contracter le coronavirus.

Fin mars, le Premier ministre britannique Boris Johnson a été diagnostiqué et hospitalisé dix jours plus tard à l’hôpital St. Thomas de Londres avant d’être transféré en soins intensifs où il a, de son propre aveu, frôlé la mort. Son gouvernement s’était même préparé à l’éventualité de son décès. Il a adressé sur Twitter des voeux de prompt rétablissement au couple Trump.

Infecté en juillet, le président brésilien Jair Bolsonaro s’en est sorti et a qualifié le COVID-19 de “petite grippe”.

version française Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot

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