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Liban: Démission du Premier ministre, revers pour le plan Macron

BEYROUTH (Reuters) - Le Premier ministre libanais désigné a démissionné samedi après avoir échoué à former un nouveau gouvernement, une décision qui constitue un revers dans la mise en oeuvre du plan porté par la France pour sortir le pays de la crise.

Le Premier ministre libanais désigné a démissionné samedi après avoir échoué à former un nouveau gouvernement, une décision qui constitue un revers dans la mise en oeuvre du plan porté par la France pour sortir le pays de la crise. /Photo prise le 26 septembre 2020/REUTERS/Mohamed Azakir

Mustapha Adib a toutefois ajouté que le Liban ne devait pas abandonner le plan français.

“Je souligne que cette initiative doit se poursuivre”, a-t-il dit après avoir rencontré le président Michel Aoun, tout en souhaitant bonne chance à son successeur face à la “difficile tâche” de former un nouvel exécutif.

“C’est une trahison collective des partis libanais”, a-t-on réagi dans l’entourage d’Emmanuel Macron.

“Il est indispensable d’avoir un gouvernement capable de recevoir l’aide internationale, donc la France ne lâchera pas le Liban”, a-t-on ajouté, précisant que le président français s’exprimerait “le moment venu”.

L’Elysée a annoncé samedi soir qu’Emmanuel Macron tiendrait une conférence de presse sur la situation au Liban dimanche en fin de journée.

Alors que le président français leur avait fixé la date du 15 septembre pour s’entendre, les partis politiques libanais n’ont toujours pas réussi à s’accorder sur la composition d’un nouveau gouvernement en raison notamment de l’insistance du Hezbollah et de ses alliés du mouvement chiite Amal à obtenir le ministère des Finances.

Dans le cadre de la feuille de route française, le nouveau gouvernement devrait prendre des mesures rapides pour lutter contre la corruption et mettre en œuvre les réformes nécessaires pour déclencher des milliards de dollars d’aide internationale afin de redresser une économie libanaise mise à mal par une dette colossale et par la dévalorisation de sa monnaie.

Mustapha Adib, ancien ambassadeur à Berlin, avait été désigné le 31 août. Il avait depuis tenté de former un gouvernement de spécialistes dans un pays où le pouvoir est partagé entre musulmans et chrétiens et où les alliances politiques ont tendance à suivre des critères confessionnels .

Le dirigeant a en particulier échoué à trouver un ministre des Finances, poste clé dans l’élaboration d’un programme pour sortir le Liban d’une crise économique profonde, due notamment à une dette colossale et à une dévaluation de sa monnaie.

La première tâche du gouvernement aurait été de relancer les négociations avec le Fonds monétaire international sur un plan de sauvetage vital, bloquées cette année.

L’ancien Premier ministre Saad al-Hariri, un homme politique sunnite de premier plan, a déclaré dans un communiqué que quiconque célébrerait l’échec de l’initiative français “se mordra les doigts de regret”.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré mercredi que le Liban n’obtiendrait pas d’aide internationale s’il ne mettait pas en place les réformes gouvernementales dont il a besoin pour se redresser.

La France avait auparavant apporté son soutien à une proposition de Saad Hariri prônant la nomination d’un chiite sans étiquette au ministère des Finances.

La classe politique libanaise, lors de la deuxième visite effectuée par le président français Emmanuel Macron à Beyrouth à la suite de l’explosion catastrophique survenue sur le port de la capitale, s’était engagée le 1er septembre à former dans les quinze jours un “gouvernement de mission”.

Le Liban traverse actuellement la pire crise depuis la guerre civile de 1975-1990.

La chaîne libanaise Al-Jadeed TV a fait état de petites manifestations à Tripoli, dans le Nord, et à Saïda dans le Sud, où des pneus ont été brûlés et des routes bloquées pour protester notamment contre l’effondrement de la monnaie nationale qui a fait basculer beaucoup d’habitants dans la pauvreté.

Avec la contribution de Michel Rose et Matthias Blamont, version française Benjamin Mallet et Gilles Guillaume

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