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International

Paris et Berlin prient Moscou d'enquêter sur l'empoisonnement de Navalny

MOSCOU (Reuters) - L’Allemagne et la France ont demandé lundi la Russie de coopérer et d’enquêter sur les circonstances de la tentative d’assassinat de l’opposant russe Alexeï Navalny, des laboratoires indépendants en France et en Suède étant parvenus à la conclusion qu’il a été empoisonné par un agent innervant de la famille du Novitchok.

Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. L'Allemagne et la France ont demandé lundi la Russie de coopérer et d'enquêter sur les circonstances de la tentative d'assassinat de l'opposant russe Alexeï Navalny, des laboratoires indépendants en France et en Suède étant parvenus à la conclusion qu'il a été empoisonné par un agent innervant de la famille du Novitchok. /Photo prise le 28 août 2020/REUTERS/Michael Kappeler

Ce dossier a ravivé les tensions entre la Russie et l’Europe et alimenté les appels en faveur de nouvelles sanctions contre la Russie, y compris une suspension du projet de gazoduc Nord Stream 2, destiné à accroître les acheminements de gaz russe vers l’Allemagne.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, accuse l’Occident de vouloir utiliser cette affaire pour imposer de nouvelles sanctions à Moscou, selon l’agence de presse russe Interfax, et il a annulé une visite prévue mardi à Berlin.

Alexeï Navalny a été victime d’un malaise le 20 août à bord d’un avion entre la Sibérie et Moscou après avoir bu du thé à l’aéroport. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août en Allemagne.

L’Allemagne a annoncé au début du mois que les examens médicaux pratiqués sur Alexeï Navalny prouvaient qu’il a été empoisonné au Novitchok, une accusation rejetée par Moscou..

Lundi, le gouvernement allemand a souligné que deux laboratoires indépendants français et suédois avaient confirmé l’empoisonnement de l’opposant russe par un produit de la famille du Novitchok.

Des échantillons prélevés sur Alexeï Navalny ont été envoyés à l’Organisation pour la prévention des armes chimiques (OIAC) à La Haye pour des tests complémentaires dans leurs laboratoires, a indiqué le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert.

“Nous renouvelons notre appel à la Russie pour qu’elle explique ces événements”, a-t-il déclaré.

En France, Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec son homologue russe et a exhorté Moscou à s’expliquer sur le dossier Alexeï Navalny.

“Le président de la République a marqué sa profonde préoccupation sur l’acte criminel perpétré à l’encontre de M. Alexeï Navalny et l’impératif que toute la lumière soit faite, sans délai, sur les circonstances et les responsabilités de cette tentative d’assassinat”, ont déclaré les services de la présidence française dans un communiqué.

Selon l’Elysée, Emmanuel Macron a exprimé sa totale solidarité avec l’Allemagne sur les mesures à prendre et les conséquences à tirer de ce dossier.

“Des éclaircissements sont nécessaires de la part de la Russie dans le cadre d’une enquête crédible et transparente”, a déclaré l’Elysée.

Dans un communiqué, le Kremlin a déclaré que les accusations sans fondement dirigées contre la Russie étaient “inappropriées”.

D’après l’Hôpital de la Charité, où est hospitalisé Alexeï Navalny, l’opposant russe peut désormais quitter son lit pour une courte période et son état continue de s’améliorer.

Thomas Seythal et Thomas Escritt à Berlin, avec John Irish et Michel Rose à Paris et Vladimir Soldatkin à Moscou; version française Nicolas Delame et Claude Chendjou

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