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International

HRW accuse le gouvernement bolivien d'instrumentaliser le système judiciaire contre Morales

Le gouvernement provisoire bolivien, dirigé par l'ancienne vice-présidente du Sénat Jeanine Anez (photo), instrumentalise le système judiciaire pour persécuter son prédécesseur Evo Morales et ses alliés et partisans, dénonce l'ONG Human Rights Watch dans un rapport publié vendredi. /Photo prise le 6 août 2020/REUTERS/David Mercado

SANTIAGO (Reuters) - Le gouvernement provisoire bolivien, dirigé par l’ancienne vice-présidente du Sénat Jeanine Anez, instrumentalise le système judiciaire pour persécuter son prédécesseur Evo Morales et ses alliés et partisans, dénonce l’ONG Human Rights Watch dans un rapport publié vendredi.

Les accusations de terrorisme visant l’ancien président après les violentes manifestations déclenchées par les conditions de sa réélection à la présidence en 2019 semblent “politiquement motivées”, estime l’organisation.

Ces accusations portent sur un appel téléphonique, passé par Evo Morales en novembre 2019, quelques jours après qu’il ait quitté la Bolivie, dans lequel il a exhorté un partisan à “combattre” le gouvernement intérimaire, a déclaré HRW, qui ajoute que la peine de 20 ans de prison demandée contre lui est “totalement disproportionnée”.

Les accusations de terrorisme portées contre l’ancienne avocate et cheffe de cabinet d’Evo Morales sont fondées sur les contacts téléphoniques qu’elle a eus avec lui, ajoute l’organisation, qui note qu’un autre partisan de Morales est accusé de sédition pour avoir décrit le nouveau gouvernement comme “dictatorial”.

HRW, basée aux Etats-Unis, a eu accès à des documents judiciaires et des rapports de police. Elle a aussi pu interviewer le ministre bolivien de l’Intérieur Arturo Murillo et la médiatrice Nadia Cruz.

HRW dit avoir trouvé des preuves qu’Evo Morales avait utilisé le système judiciaire contre ses opposants durant ses treize années à la tête du pays.

Jeanine Anez, poursuit l’ONG, avait “une occasion de rompre avec le passé et d’assurer l’indépendance de la justice”. Mais José Miguel Vivanco, directeur de HRW pour le continent américain, accuse le gouvernement intérimaire d’avoir publiquement fait pression sur les procureurs et les juges afin de “servir ses intérêts.”

Aislinn Laing; version française Camille Raynaud, édité par Henri-Pierre André

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