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International

USA 2020: Donald Trump rattrapé par son attitude envers l'armée

WASHINGTON (Reuters) - La polémique sur les propos méprisants qu’aurait tenus Donald Trump à l’égard de soldats américains morts au combat a pris de l’ampleur ce week-end aux Etats-Unis, plaçant le président sur la défensive à moins de deux mois de l’élection présidentielle.

La polémique sur les propos méprisants qu'aurait tenus Donald Trump à l'égard de soldats américains morts au combat a pris de l'ampleur ce week-end aux Etats-Unis, plaçant le président sur la défensive à moins de deux mois de l'élection présidentielle. /Photo prise le 4 septembre 2020/REUTERS/Leah Millis

Commentant les informations du magazine The Atlantic selon lesquelles Donald Trump aurait, lors d’une visite en France en 2018, traité de “perdants” et de “nuls” des Marines enterrés au cimetière du bois Belleau, dans l’Aisne, les démocrates mais aussi certains républicains ont plus largement accusé le président américain de mépris global envers l’US Army.

L’ancien secrétaire d’Etat à la Défense républicain Chuck Hagel a déclaré sur ABC que ces remarques du président seraient “abjectes” si elles étaient avérées.

Il les a jugées crédibles, car cohérentes avec d’autres propos tenus par Donald Trump ciblant notamment l’ex-chef du Pentagone James Mattis ou le défunt John McCain.

“Cela résonnera chez les militaires”, a déclaré Chuck Hagel.

En 2015, alors qu’il n’était que candidat à la candidature pour la présidence, Trump avait reproché au sénateur républicain d’avoir été capturé pendant la guerre du Vietnam. “C’était un héros de guerre parce qu’il s’était fait prendre. J’aime les gens qui ne se font pas prendre”, avait-il dit.

L’ancien colonel Jeff McCausland, ancien membre du Conseil de sécurité nationale, a de son côté publié dimanche une tribune pour NBC News dans laquelle il estime que Donald Trump a, au fil des ans, fait preuve d’”irrespect envers les militaires”.

Les militaires ont largement soutenu le candidat Trump lors de son élection en novembre 2016.

Dimanche sur Twitter, le président américain a qualifié de mensonges les informations de The Atlantic, corroborées depuis par d’autres médias.

Dès jeudi, il avait expliqué qu’il ne s’était pas rendu au cimetière militaire américain du bois Belleau pour éviter un déplacement en hélicoptère, le Secret Service, le service de sécurité de la présidence américaine, ayant exclu un déplacement en voiture.

L’agence de presse Bloomberg a rapporté dimanche qu’il avait employé son temps libre à choisir, à Paris, des oeuvres d’art à transférer de l’ambassade des Etats-Unis à la Maison blanche.

Le Lincoln Project, un groupe de républicains opposé à la réélection de Trump, a diffusé samedi une nouvelle vidéo attaquant le bilan du président en matière de défense.

Donald Trump, qui n’a pas fait son service militaire et a été exempté de la guerre du Vietnam grâce à un certificat médical attestant d’une excroissance osseuse au pied, est “un tire-au-flanc en chef qui méprise les hommes et les femmes qu’il est censé diriger”, a déclaré le Lincoln Project.

Joe Biden, le rival démocrate de Donald Trump pour la présidentielle du 3 novembre, dont le fils Beau, mort d’un cancer du cerveau en 2015, avait effectué une mission militaire d’un an en Irak en 2008-2009, a de son côté préparé un clip de campagne visant des régions, dans les Etats les plus stratégiques de l’élection, où les militaires sont nombreux à voter. La vidéo sera lancée dimanche soir et diffusée toute la semaine sur le câble et les réseaux sociaux.

Un sondage paru la semaine dernière dans le Military Times, effectué fin juillet-début août auprès de 1.000 militaires en service actif, accordait une légère avance à l’ancien vice-président de Barack Obama sur le locataire de la Maison blanche.

(Correction: Dans notre dépêche du 6 septembre “Donald Trump rattrapé par son attitude envers l’armée”, merci de lire au § 14 que Beau Biden, mort d’un cancer en 2015, avait effectué une mission militaire d’un an en Irak et non qu’il est mort en combattant en Irak)

version française Marc Angrand et Jean-Stéphane Brosse, édité par Henri-Pierre André

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