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International

Hongrie: Démissions pour dénoncer la mainmise de l'Etat à l'université d'art dramatique

Une manifetation des étudiants à Budapest. La direction de la prestigieuse Université d'art dramatique et cinématographique de Budapest a démissionné lundi pour protester contre la nomination par le gouvernement d'un nouveau conseil d'administration, susceptible selon elle de priver l'institution de toute autonomie. /Photo prise le 21 juillet 2020/REUTERS/Bernadett Szabo

BUDAPEST (Reuters) - La direction de la prestigieuse Université d’art dramatique et cinématographique de Budapest a démissionné lundi pour protester contre la nomination par le gouvernement d’un nouveau conseil d’administration, susceptible selon elle de priver l’institution de toute autonomie.

Depuis son arrivée au pouvoir il y a dix ans, le Premier ministre nationaliste et conservateur Viktor Orban a considérablement renforcé le contrôle de l’Etat dans le domaine de la culture et des médias en Hongrie.

Dans son discours de victoire après son élection à un troisième mandat en 2018, il s’était fixé comme priorité “d’ancrer le système politique dans une ère culturelle”. Ses partisans dénoncent la domination de la vie artistique par des acteurs et idéaux progressistes.

En vertu d’une loi adoptée cette année, l’Université d’art dramatique et cinématographique, fondée il y a 155 ans, est désormais la propriété d’une fondation privée, en lieu et place de l’Etat.

Le gouvernement Orban a désigné un conseil de cinq administrateurs sans tenir compte des noms proposés par l’université, tout en se défendant de porter atteinte à la liberté d’expression.

Pour la direction de l’institution, cette décision la prive de droit de regard sur toutes les questions de budget, d’organisation et de gestion du personnel.

“C’est un tournant pour nous car s’il ne reste plus rien de l’autonomie de cette institution, nous devons cesser d’enseigner dans les salles de classe”, a déclaré Eszter Novak, l’une des doyennes de l’université. “C’est le début d’une nouvelle ère.”

Krisztina Than et Krisztina Fenyo; version française Jean-Stéphane Brosse

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