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International

Accord de paix historique entre le Soudan et cinq groupes rebelles

JUBA (Reuters) - Le gouvernement soudanais a signé lundi un accord de paix avec les cinq principaux groupes rebelles du pays, une étape majeure vers l’objectif du gouvernement de transition de résoudre une série de conflits civils qui ont déchiré le pays depuis plusieurs décennies.

Le gouvernement soudanais a signé lundi un accord de paix avec les cinq principaux groupes rebelles du pays, une étape majeure vers l'objectif du gouvernement de transition de résoudre une série de conflits civils qui ont déchiré le pays depuis plusieurs décennies. /Photo prise le 31 août 2020/REUTERS/Samir Bol

Au pouvoir depuis la chute d’Omar Hassan el Béchir en avril 2019, le gouvernement d’union nationale - qui réunit des civils et des militaires - a fait de la résolution de ces différents conflits une priorité de la période de transition de 39 mois.

L’accord signé lundi à Juba, la capitale du Soudan du Sud, va permettre aux groupes rebelles d’avoir une représentation politique, leur délègue certains pouvoirs, permet à leurs membres de rejoindre les forces de sécurité, reconnaît certains droits économiques et fonciers tout en offrant la possibilité d’un retour aux personnes déplacées.

Les rebelles du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et de l’Armée de libération du Soudan (SLA) au Darfour, ainsi que le Mouvement de libération du peuple soudanais-Nord (SPLM-N), groupe armé actif dans les Etats du Nil Bleu et du Sud-Kordofan, figurent parmi les signataires de cet accord.

Au niveau national, les signataires obtiendront trois sièges au sein du conseil gouvernemental, cinq ministères et un quart des 300 sièges du conseil législatif de transition, a déclaré Faisal Mohammed Salih, le ministre de l’Information du Soudan.

Les rebelles obtiendront également 40% des postes dans leurs gouvernements régionaux, qui recevront 40% des recettes collectées localement, et un nouveau fonds versera 750 millions de dollars (629 millions d’euros) par an pendant 10 ans aux régions pauvres du sud et de l’ouest, a énuméré Faisal Mohammed Salih.

“Le principal défi auquel nous sommes confrontés maintenant est la mise en oeuvre de l’accord de paix et la recherche de fonds pour y parvenir”, a déclaré Jibril Ibrahim, chef du JEM, à l’issue de la signature de l’accord.

UN ACCORD MAJEUR MAIS DES OBSTACLES DEMEURENT

Si l’accord marque un tournant, certains analystes, comme Jonas Horner, qui travaille dans le groupe de réflexion International Crisis Group, soulignent qu’il est loin d’être global et que des obstacles importants demeurent.

Deux grandes factions du SPLM-N au Darfour et du SLA au sud ont refusé de signer l’accord et le gouvernement de transition, déjà en difficulté financière, aura du mal à financer le retour de millions de déplacés et le développement régional promis dans l’accord.

Yasir Saad Arman, chef adjoint de la faction SPLM-N d’Agar, a dit que des factions ayant refusé de signer pourraient le faire par la suite.

“Cela ouvrira la porte à ceux qui ne nous ont pas rejoint”, a-t-il dit. “C’est une grande chance pour la protection des civils.”

Le Darfour, province de l’ouest du Soudan, est en proie à une guerre civile meurtrière depuis 2003, après une offensive des forces gouvernementales appuyées par des milices principalement arabes. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon les estimations.

Les Etats méridionaux du Nil Bleu et du Sud-Kordofan, frontaliers avec le Soudan du Sud, sont restés dans le giron de Khartoum lors de la sécession du Soudan du Sud en 2011.

Les communautés locales s’y plaignent d’être négligées par le gouvernement central.

Denis Dumo, avec Aidan Lewis au Caire et Khalid Abdelaziz à Khartoum ; version française Myriam Rivet et Kate Entringer, édité par Bertrand Boucey et Claude Chendjou

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