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International

Biélorussie: Deux responsables de l'opposition interrogés

MINSK/MOSCOU (Reuters) - Deux hauts responsables de la coalition d’opposition biélorusse récemment formée ont été interrogés vendredi dans le cadre d’une enquête sur ce que le président Alexandre Loukachenko présente comme une tentative de prise du pouvoir par la force, alors que se poursuivent les manifestations contre son régime.

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A Moscou, deux sources proches du Kremlin ont déclaré à Reuters que le président russe, Vladimir Poutine, était convaincu qu’Alexandre Loukachenko parviendrait pour l’instant à se maintenir au pouvoir, même s’il n’est pas mécontent de le voir mis en difficulté.

Le président biélorusse, qui dirige son pays d’une main de fer depuis 26 ans et a été réélu le 9 août au terme d’un scrutin considéré comme truqué par l’opposition, a assuré que la crise politique serait bientôt terminée.

“C’est mon problème, c’est à moi de le résoudre, et nous sommes en train de le résoudre”, a-t-il dit à des ouvriers d’une usine agroalimentaire. “Et, croyez moi, elle sera résolue dans les jours à venir.”

A Minsk, Maxime Znak et Sarheï Diléouski, deux membres du “Conseil de coordination” de l’opposition, ont été accompagnés par plusieurs dizaines de personnes jusqu’au siège du Comité d’enquête, qui les avait convoqués dans le cadre de l’enquête criminelle ouverte pour atteinte à la sûreté nationale.

Maxime Znak, un avocat, a déclaré avant d’entrer dans le bâtiment qu’il craignait d’être arrêté mais il en est ressorti libre en évoquant des “discussions productives”.

Le “Conseil de coordination” a été formé cette semaine avec pour objectif affiché de négocier un transfert du pouvoir.

L’UE DEMANDE L’ABANDON DE L’ENQUÊTE VISANT L’OPPOSITION

La répression parfois violente depuis le 9 août ne semble pas pour l’instant décourager les manifestants, qui ont reçu ces derniers jours le soutien de grévistes de plusieurs entreprises publiques jusqu’alors considérées comme des bastions du soutien au camp Loukachenko.

La cheffe de fille de l’opposition, Svetlana Tikhanouskaïa, réfugiée en Lituanie, les a exhortés vendredi à durcir les grèves pour contraindre Loukachenko à organiser une nouvelle élection présidentielle.

Lors de sa première conférence de presse publique depuis son départ de Minsk, cette novice en politique de 37 ans a déclaré qu’elle ne regagnerait son pays que lorsqu’elle serait assurée d’y être en sécurité. Elle a précisé n’avoir eu aucun contact avec Moscou.

Selon les deux sources proches du Kremlin, les dirigeants russes considèrent Alexandre Loukachenko comme un allié imprévisible et turbulent, qui a toujours eu des relations difficiles avec Vladimir Poutine.

“Ils se feront un plaisir d’attendre un peu et de le voir se débattre. Ils ne l’aiment pas beaucoup même s’ils continuent à le soutenir”, a dit l’une de ces deux sources.

Selon la deuxième, “Loukachenko va être dramatiquement affaibli. On va pouvoir le découper en petits morceaux. On va en profiter ici, c’est sûr.”

De son côté, l’Union européenne, qui n’a pas reconnu le résultat officiel du scrutin du 9 août, a appelé Minsk à abandonner l’enquête sur le Conseil de coordination.

Selon un haut responsable de l’UE, celle-ci tente de convaincre les autorités biélorusses d’entamer des discussions avec l’opposition “sans remettre en cause l’équilibre géopolitique de la Biélorussie entre l’UE et la Russie”.

Avec Gabriella Baczynska à Bruxelles, version française Diana Mandiá et Marc Angrand

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