June 23, 2020 / 5:23 PM / 2 months ago

Campagne présidentielle sur fond de haine anti-LGBT en Pologne

VARSOVIE (Reuters) - Malgré le coronavirus, Marzenna Latawiec, 60 ans, est déterminée à se rendre aux urnes dimanche lors de l’élection présidentielle polonaise pour combattre une vague croissante d’homophobie sur laquelle surfe notamment le président sortant Andrzej Duda.

Les affiches de campagne de Andrzej Duda et son principal opposant, Rafal Trzaskowski. Andrzej Duda, le président sortant polonais, s'est présenté lors de la campagne présidentielle comme le gardien des programmes sociaux, tout en mobilisant sa base conservatrice avec des attaques contre "l'idéologie" LGBT. /Photo prise le 22 juin 2020/REUTERS/Kacper Pempel

“Je ne peux pas accepter qu’une personne adulte et mature ne soit tenue responsable de tels propos et des conséquences qui en découlent “, a ajouté cette mère de deux garçons homosexuels.

Andrzej Duda, 48 ans, s’est présenté comme le gardien des programmes sociaux, qui ont évité à certains Polonais de basculer dans la pauvreté, tout en mobilisant sa base conservatrice avec des attaques contre “l’idéologie” LGBT (lesbienne, bisexuelle, gay et transgenre).

En lice pour un second mandat de cinq ans, le président sortant a déclaré ce mois-ci que l’”idéologie” LGBT était plus dangereuse que la doctrine communiste.

“La génération de mes parents s’est battue pendant 40 ans pour éliminer l’idéologie communiste des écoles afin qu’elle ne puisse pas être imposée aux enfants (...), ils ne se sont pas battus ainsi pour qu’apparaisse une nouvelle idéologie encore plus destructrice”, a-t-il déclaré à ses partisans lors d’un meeting de campagne.

Son adversaire, le maire centriste de Varsovie, Rafal Trzaskowski, également âgé de 48 ans, s’est engagé pour sa part à combattre les discours de haine et à protéger ceux qui en sont les victimes.

Pour Marzenna Latawiec, consultante informatique, Andrzej Duda et le parti national-conservateur Droit et justice (PiS) entretiennent un climat de haine en agissant ainsi.

Une accusation que l’équipe de campagne d’Andrzej Duda réfute et qui, selon elle, occulte les appels au respect de tous les citoyens de celui qui se présente en défenseur de la “colonne vertébrale” morale de la Pologne catholique.

Malgré une baisse dans les sondages, Andrzej Duda est toujours crédité de 40% des intentions de vote, contre 27% pour Rafal Trzaskowski. Les deux candidats seraient cependant au coude à coude si un second tour devait avoir lieu le 12 juillet.

Il y a cinq ans, Duda avait remporté 35% des suffrages au premier tour et 52% au second.

Si Rafal Trzaskowski s’est engagé l’an dernier à mettre en place des mesures de soutien juridique et psychologique pour les personnes LGBT, il a évité de se positionner sur le mariage homosexuel, soulignant le caractère sensible de cette question en Pologne.

Troisième dans les sondages, le journaliste catholique indépendant Szymon Holownia a pour sa part déclaré qu’il autoriserait les unions civiles homosexuelles. Il a également proposé de limiter la participation des représentants de l’État à des événements religieux, pratique très répandue depuis que le PiS est arrivé au pouvoir en 2015.

Version française Kate Entringer, édité par Jean-Michel Bélot

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