June 20, 2020 / 11:08 AM / 2 months ago

Pékin détaille son projet de loi sécuritaire pour Hong Kong

PEKIN/HONG KONG (Reuters) - Les autorités chinoises auront des prérogatives étendues pour mettre en application de la nouvelle loi sécuritaire pour Hong Kong, selon des détails annoncés samedi concernant le projet de loi, ouvrant la voie à un changement en profondeur de l’autonomie de l’ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997.

Les autorités chinoises auront des prérogatives étendues pour mettre en application de la nouvelle loi sécuritaire pour Hong Kong, selon des détails annoncés samedi concernant le projet de loi, ouvrant la voie à un changement en profondeur de l'autonomie de l'ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997. /Photo prise le 22 mai 2020/REUTERS/Aly Song

Le projet de loi inquiète les gouvernements étrangers et les militants pro-démocratie à Hong Kong déjà inquiets de voir Pékin rogner le haut degré d’autonomie dont bénéfice Hong Kong.

Selon les détails publiés par l’agence de presse officielle Xinhua, Hong Kong va créer un comité pour veiller à l’application de la nouvelle loi.

Ce comité sera dirigé par Carrie Lam, la dirigeante de l’exécutif de Hong Kong, et supervisé par le gouvernement central chinois.

De nouvelles unités de police et de procureurs seront mises sur pied pour enquêter et faire appliquer la nouvelle loi sécuritaire.

Carrie Lam aura également le pouvoir de nommer des juges pour traiter les affaires liées à la sécurité nationale, une mesure sans précédent de nature à inquiéter les milieux d’affaires, les diplomates et les investisseurs.

“D’après ces premiers détails, cette nouvelle loi soulève des questions juridiques sans précédent auxquelles nous devrons faire face dans les années à venir”, a déclaré à Reuters Simon Young, avocat et enseignant à la faculté de droit de l’Université de Hong Kong.

Simon Young s’est aussi dit troublé par l’apparente “large suprématie” de la nouvelle loi sur l’actuelle et future législation de Hong Kong.

Les autorités de Pékin et de Hong Kong ont cherché à rassurer les investisseurs sur le fait que la loi n’éroderait pas l’autonomie de l’ancienne colonie britannique, insistant sur le fait qu’elle ne ciblerait qu’une minorité de “fauteurs de troubles” qui menacent la sécurité nationale.

Pékin assure que la loi vise à lutter contre les activités séparatistes, les activités subversives, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères.

Mais les opposants à ce projet de loi redoutent que cette loi sécuritaires n’écrase les libertés, considérées comme essentielles au statut de forte autonomie de Hong Kong.

Ils y voient une menace contre le principe “un pays, deux systèmes” qui régit les relations entre le pouvoir central et la “région administrative spéciale” depuis que Hong Kong est repassé sous domination chinoise et qui doit garantir au territoire sa liberté et son rôle de centre financier international.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont publié mercredi un communiqué commun demandant à Pékin de renoncer à instaurer à Hong Kong une nouvelle loi de sécurité nationale qui serait, selon eux, une entorse à ce principe “un pays, deux systèmes”.

Le Parlement européen a adopté vendredi une résolution demandant à l’Union européenne (UE) de traduire la Chine devant la Cour internationale de Justice de La Haye et à envisager des sanctions économiques si Pékin impose à Hong Kong une nouvelle loi de sécurité.

Yew Lun Tian et Greg Torode, version française Matthieu Protard

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