June 18, 2020 / 3:25 PM / 2 months ago

Coronavirus-Immunité collective: la Suède en proie aux doutes après la publication d'une étude

Alors qu'elle espérait freiner la propagation du coronavirus par la poursuite de sa stratégie d'immunité collective, la Suède a vu ses espoirs se faner quand une étude publiée jeudi a revu à la baisse le pourcentage de Suédois ayant développé des anticorps capables de neutraliser la COVID-19. /Photo prise le 12 mai 2020/REUTERS/TT News Agency/Henrik Montgomery

STOCKHOLM (Reuters) - Alors qu’elle espérait freiner la propagation du coronavirus par la poursuite de sa stratégie d’immunité collective, la Suède a vu ses espoirs se faner quand une étude publiée jeudi a revu à la baisse le pourcentage de Suédois ayant développé des anticorps capables de neutraliser la COVID-19.

Contrairement au reste de l’Europe, le pays nordique avait préféré, en pleine pandémie, maintenir ouverte la plupart des écoles, des restaurants, des bars et des entreprises.

La stratégie d’immunité collective, qui permet d’arrêter efficacement la propagation d’un virus dès lors qu’une portion suffisante de la population en question est immunisée contre une infection, n’a pas encore été testée dans le cadre de l’épidémie de nouveau coronavirus.

Les responsables de l’Agence de santé publique de Suède avaient précédemment souligné que l’immunité collective n’était qu’un moyen de ralentir l’épidémie pour permettre aux services de santé suédois de faire face à la crise sanitaire, et non de la faire disparaître.

L’étendue et la durée de l’immunité chez les patients rétablis de la COVID-19 sont par ailleurs incertaines.

Néanmoins, cette dernière étude, la plus complète à ce jour, a révélé que seulement 6,1% des Suédois avaient développé des anticorps contre le nouveau coronavirus, soit une proportion de la population bien inférieure au niveau nécessaire pour passer sous le seuil épidémique.

“La propagation du virus est plus faible que nous le pensions, mais pas beaucoup plus”, a déclaré au cours d’une conférence de presse Anders Tegnell, épidémiologiste en chef de Suède, précisant qu’il se propageait “en grappes”, au contraire d’épidémies antérieures.

“À ce stade, nous observons différents niveaux d’immunité sur différentes parties de la population, partant de 4 à 5% jusqu’à 20 à 25%”, a-t-il ajouté.

Mercredi, la Suède a franchi la barre des 5.000 décès liés au coronavirus, un bilan beaucoup plus élevé par habitant que ses voisins nordiques, et toutefois inférieur à certains pays qui, comme la Grande-Bretagne, l’Espagne ou l’Italie, ont instauré des règles strictes pour lutter contre l’épidémie.

Johan Ahlander; version française Juliette Portala, édité par Jean-Michel Bélot

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