June 16, 2020 / 10:36 AM / 2 months ago

Les Européens veulent faire pression sur l'Iran à l'AIEA

VIENNE/PARIS (Reuters) - La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les trois puissances européennes signataires de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, s’apprêtent à adresser un avertissement à la république islamique devant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour son refus de laisser les inspecteurs de l’Onu accéder à des sites suspects, selon un projet de résolution.

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, les trois puissances européennes signataires de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, s'apprêtent à adresser un avertissement à la république islamique devant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour son refus de laisser les inspecteurs de l'Onu accéder à des sites suspects, selon un projet de résolution. /Photo d'archives/REUTERS/Lisi Niesner

Dans ce texte daté du 10 juin, et que l’agence Reuters a pu consulter, les trois membres du groupe E3 appellent l’Iran à coopérer pleinement et rapidement avec l’AIEA.

Depuis le début de l’année, l’agence onusienne a publié deux rapports reprochant à Téhéran de ne pas avoir répondu à des questions liées à des activités nucléaires menées sur trois sites quelque vingt ans avant la signature de l’accord de Vienne en 2015.

L’AIEA ajoute que ses inspecteurs ont été interdits d’accès à deux de ces sites qui pourraient avoir abrité des activités nucléaires clandestines dans les années 2000.

Le projet de résolution proposé par les Européens engage Téhéran à ouvrir l’accès à ces sites et à mettre en oeuvre ses obligations liées au Protocole additionnel renforçant les capacités de surveillance et de vérification de l’AIEA.

“Les Européens ne pouvaient pas rester assis les bras croisés à ne rien faire”, analyse un diplomate occidental.

Les services du renseignement américain et l’AIEA pensent de longue date que l’Iran a mené un programme d’armement nucléaire secret dont il a arrêté le développement en 2003, bien avant la signature de l’accord de 2015. Téhéran nie l’existence d’un tel programme et assure qu’il ne cherchera jamais à obtenir la bombe atomique.

“Si ces trois pays prennent une telle initiative, l’Iran n’aura d’autre choix que de réagir en conséquence”, a réagi le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Kazem Gharibabadi, cité par l’agence iranienne de presse Fars.

L’AIEA, qui supervise l’accord de 2015, a par ailleurs indiqué que l’Iran dérogeait toujours à de nombreuses règles édictées par le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPOA en anglais), le nom officiel du pacte conclu il y a cinq ans à Vienne.

Téhéran a commencé à se soustraire à une partie de ces dispositions en riposte au retrait des Etats-Unis de l’accord et au rétablissement de sanctions économiques décidés en mai 2018 par Donald Trump.

Londres, Paris et Berlin, toujours parties prenantes à l’accord de Vienne, ont accusé l’Iran d’en violer certaines clauses mais espèrent convaincre Téhéran de revenir sur sa décision plutôt que de rallier la campagne de “pression maximale” initiée par l’administration Trump.

La Russie et la Chine, les deux autres signataires du JCPOA, devraient s’opposer à la résolution, qui pourrait être présentée cette semaine au conseil des gouverneurs de l’AIEA.

François Murphy à Vienne et John Irish à Paris; version française Henri-Pierre André, édité par Nicolas Delame

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