May 19, 2020 / 12:08 PM / 3 months ago

Relance européenne: La Commission veut panacher prêts et subventions

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne ne reprendra pas telle quelle l’idée franco-allemande dans ses propres recommandations concernant le fond de relance post-pandémique, attendues la semaine prochaine, mais elle proposera de panacher prêts et subventions, a déclaré mardi son porte-parole.

La Commission européenne ne reprendra pas telle quelle l'idée franco-allemande dans ses propres recommandations concernant le fond de relance post-pandémique, attendues la semaine prochaine, mais elle proposera de panacher prêts et subventions. /Photo d'archives/REUTERS/François Lenoir

“Dans notre proposition, il y aura un équilibre entre subventions et prêts. Nous verrons quel sera cet équilibre lorsque nous présenterons notre proposition la semaine prochaine”, a déclaré Eric Mamer, porte-parole de la Commission, lors d’un point de presse.

Paris et Berlin ont proposé lundi la création d’un fonds de relance doté de 500 milliards d’euros levés par la Commission, qui accorderait des aides aux régions et aux Etats de l’Union les plus touchés par la crise du coronavirus.

Ces sommes seraient empruntées sur les marchés par la Commission à des taux plus avantageux que ce qu’obtiendraient des Etats aux finances publiques en difficulté comme l’Italie par exemple ou la France, dont les notes de crédit sont inférieures au triple A de la Commission.

La Commission les redistribuerait via le cadre financier pluriannuel, le budget européen qui court sur la période 2021-2027. Elles seraient remboursées ultérieurement, toujours dans le cadre budgétaire européen.

LES PAYS “FRUGAUX” PRÉPARENT UN CONTRE-PROJET

Mais plusieurs Etats dits “frugaux”, comme l’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède sont réticents à l’idée de simples transferts budgétaires vers des Etats membres, et préfèrent l’option de prêts (remboursables) aux Etats les plus touchés et présenteront une contre-proposition au projet franco-allemand, a annoncé mardi le chancelier autrichien, Sebastian Kurz.

“Nous sommes sceptiques”, a-t-il dit selon des propos rapportés par le quotidien Oberösterreichische Nachrichten. “Notre position est claire: nous voulons montrer de la solidarité avec les Etats qui ont été frappés particulièrement fort par la crise mais nous pensons que la bonne méthode, ce sont des prêts, pas des aides.”

Il a précisé que ses homologues néerlandais, danois et suédois, avec lesquels il s’est entretenu lundi, partageaient sa position.

“Nous présenterons dans les prochains jours une proposition avec nos propres idées. Nous croyons possibles de stimuler l’économie européenne tout en évitant une mutualisation de la dette”, a poursuivi Sebastian Kurz.

A Berlin, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas s’est dit “très confiant” dans la capacité de Paris et Berlin à rallier un large accord sur leur plan.

“C’est une première étape vers une solution européenne, nous devrons en discuter les détails dans le cadre européen, mais nous sommes convenus que nous devions trouver une solution rapidement”, a-t-il ajouté.

Le prochain Conseil européen est prévu les 18 et 19 juin prochain.

“La question jackpot, c’est la taille et la répartition entre prêts et subventions. Il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Le processus est extrêmement fragile”, confiait vendredi soir un haut responsable européen.

Jan Strupczewski avec Marine Pennetier à Paris et Madeline Chambers à Berlin; version française Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André

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