April 21, 2020 / 7:52 AM / 3 months ago

Les régimes autoritaires profitent de la pandémie pour restreindre la liberté de la presse

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán a fait voter une loi dite “coronavirus” qui prévoit des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour la diffusion de fausses informations, un moyen de coercition totalement démesuré, estime RSF. /Photo prise le 30 mars 2020/REUTERS/MTI Zoltan Mathe

PARIS (Reuters) - La pandémie de coronavirus fournit une occasion supplémentaire aux régimes autoritaires pour restreindre un peu plus la liberté de la presse, estime Reporters sans frontières (RSF), qui publie mardi son traditionnel classement mondial de la liberté de la presse.

Selon l’organisation non gouvernementale, basée à Paris, “il existe une corrélation évidente entre la répression de la liberté de la presse à l’occasion de l’épidémie de coronavirus et la place des pays au classement mondial”.

La Chine (177e) et l’Iran (173e, - 3 places), foyers de l’épidémie, ont mis en place des dispositifs de censure massifs, souligne-t-elle rappelant également qu’en Irak (162e, - 6), l’agence de presse Reuters a vu sa licence suspendue pour trois mois, quelques heures après avoir publié une dépêche remettant en cause les chiffres officiels des cas de coronavirus.

Même en Europe, en Hongrie (89e, - 2), le Premier ministre Viktor Orbán a fait voter une loi dite “coronavirus” qui prévoit des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour la diffusion de fausses informations, un moyen de coercition totalement démesuré, estime RSF.

“La crise sanitaire est l’occasion pour des gouvernements autoritaires de mettre en œuvre la fameuse “doctrine du choc” : profiter de la neutralisation de la vie politique, de la sidération du public et de l’affaiblissement de la mobilisation pour imposer des mesures impossibles à adopter en temps normal”, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, dans le rapport.

Globalement, l’Europe reste le continent le plus favorable à la liberté de la presse, tandis que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord reste celle où il est le plus dangereux pour les journalistes d’exercer leur profession.

La Norvège (1ère) et la Finlande (2e) restent en tête du classement tandis que le Danemark se hisse à la troisième position après une baisse de la Suède (4e) et des Pays-Bas (5e). L’Allemagne se classe 11e et la France 34e, juste devant le Royaume-Uni.

La Corée du Nord (180e) remplace le Turkménistan (179e) en bas du classement et l’Érythrée (178e) est le pays le plus mal placé sur le continent africain.

L’Asie-Pacifique affiche la plus forte baisse régionale cette année, notamment après les pertes de sept places de Singapour (158e) en raison de sa loi sur les fausses informations et de Hong Kong (80e) en raison de son traitement des journalistes lors des manifestations pro-démocratiques.

Camille Raynaud, édité par Jean-Michel Bélot

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