March 25, 2020 / 10:31 AM / 4 months ago

Coronavirus: Début de confinement confus en Inde, le Pakistan compte 1.000 cas

NEW DELHI/BANGALORE (Reuters) - Des foules d’Indiens se pressaient mercredi dans les magasins alimentaires et les pharmacies pour faire des stocks de provisions, en dépit de l’entrée en vigueur du confinement total décrété la veille par le Premier ministre Narendra Modi pour contenir la propagation du coronavirus.

Un policier en civil frappe un citoyen n'ayant pas respecté le confinement. Des foules d'Indiens se pressaient mercredi dans les magasins alimentaires et les pharmacies pour faire des stocks de provisions, en dépit de l'entrée en vigueur du confinement total décrété la veille par le Premier ministre Narendra Modi pour contenir la propagation du coronavirus. /Photo prise le 25 mars 2020/REUTERS/Rupak De Chowdhuri

Le bilan de l’épidémie s’élève pour l’heure à 536 cas de contamination et neuf décès en Inde - un chiffre en apparence dérisoire face aux milliers de patients concernés en Chine, en Italie ou en Espagne - mais le Premier ministre et les experts s’accordent à dire que le deuxième pays le plus peuplé du monde, avec 1,3 milliard d’habitants, pourrait être confronté à une marée de cas faute de mesures drastiques de prévention.

Narendra Modi, qui a décrété mardi soir un confinement total de trois semaines entrant en vigueur quelques heures plus tard, a précisé que les services essentiels seraient maintenus et que les gens seraient autorisés à sortir pour acheter des denrées alimentaires ou des médicaments.

Mercredi, de longues files de camions chargés de lait, de fruits et de légumes serpentaient sur les autoroutes avec la fermeture progressive des frontières des différents Etats mais les transports publics étaient suspendus dans la plupart des villes.

“Ma fille a besoin régulièrement de son traitement contre les allergies. Les pharmacies sont ouvertes mais comment peut-on s’y rendre ?”, a déclaré Yash Goswami, à Moradabad, une ville du nord de l’Inde, dans l’Etat de l’Uttar Pradesh.

“Qui veut risquer une course-poursuite avec la police ? Ils frappent les gens.”

CONFUSION

Des commerçants de New Delhi se sont également plaints d’avoir été confrontés à des interventions policières musclées parce qu’ils avaient ouvert leur boutique.

“Il n’y a aucune instruction claire, les policiers nous disent de fermer”, a déclaré Ram Agarwal, dont l’épicerie de New Delhi était submergée de personnes cherchant à faire des provisions de produits secs et de lait.

Au-delà de l’Inde, d’autres pays d’Asie du Sud - qui concentre un quart de la population mondiale - peinent également à mettre en place des mesures pour tenter de contenir l’épidémie.

Au Pakistan, le ministre de la Santé a fait état de 1.000 cas de contamination et de sept décès.

Située au sud-est du pays et frontalière de l’Inde, la province de Sindh, où se trouve la plus grande ville pakistanaise Karachi, a été mise à l’isolement même si le Premier ministre Imran Khan s’est déclaré opposé à un confinement total qui pénaliserait principalement les plus pauvres.

De son côté, le Sri Lanka a fermé ses frontières et suspendu l’ensemble des liaisons aériennes internationales.

A New Delhi, le nationaliste hindou Narendra Modi a réuni son gouvernement dans sa résidence, où les ministres ont respecté les distances de sécurité préconisées.

“La distanciation sociale est à l’ordre du jour”, a écrit le ministre de l’Intérieur Amit Shah sur Twitter en légende d’une photographie de ce conseil des ministres.

“SANS TRAVAIL, SANS SALAIRE”

Le confinement général a été mis en place en Inde après la multiplication des signes de propagation de l’épidémie dans les innombrables petites villes du pays, après une première vague de cas dans les grandes villes dont New Delhi et Bombay.

Une perspective inquiétante dans le deuxième pays le plus peuplé du monde, dont le secteur public de la santé à court d’argent risque d’être rapidement débordé.

L’Inde compte 0,5 lit d’hôpital pour 1.000 habitants, contre 4,3 en Chine et 3,2 en Italie.

Sur le plan économique, les conséquences de l’arrêt de l’activité pour une économie de 2.900 milliards de dollars risquent d’être considérables.

“Il est nécessaire de demander aux gens de rester chez eux mais la majorité de la population ne peut pas se permettre de rester à la maison sans travail et sans salaire”, a déclaré Madhura Swaminathan, chef du service d’analyse économique de l’Institut indien de la statistique à Bangalore.

L’Inde, principal fournisseur mondial de médicaments génériques, a annoncé mercredi l’interdiction des exportations d’hydroxychloroquine afin de pouvoir répondre à la demande domestique.

Ce traitement antipaludique fait l’objet d’essais cliniques dans le traitement des patients contaminés par le coronavirus.

Dinesh Dua, président du Conseil indien pour la promotion des exportations pharmaceutiques, a jugé que le confinement pourrait affecter la production d’hydroxychloroquine par manque de personnel dans les sites de production.

Avec Aditya Kalra, Neha Dasgupta, Nidhi Verma et Devjyot Ghoshal à New Delhi, Rajendra Jadhav à Bombay ; version française Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault

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