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International

Tokyo, sous pression, évoque la possibilité d'un report des JO

TORONTO/TOKYO (Reuters) - Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo prévus cet été, soumis à une pression internationale de plus en plus forte, admettent désormais la possibilité d’un report, ce qui serait une première en temps de paix, alors que le Canada et l’Australie, deux nations majeures du sport mondial, ont déjà annoncé qu’ils n’y participeraient pas aux dates prévues en raison de la pandémie de coronavirus.

Yoshiro Mori, président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Tokyo. Les organisateurs des Jeux olympiques prévus cet été, soumis à une pression internationale de plus en plus forte, admettent désormais la possibilité d'un report, ce qui serait une première en temps de paix, alors que le Canada et l'Australie, deux nations majeures du sport mondial, ont déjà annoncé qu'ils n'y participeraient pas aux dates prévues en raison de la pandémie de coronavirus. /Photo prise le 23 mars 2020/REUTERS/Issei Kato

Le Comité international olympique (CIO), notamment son président Thomas Bach, et le gouvernement japonais sont la cible de critiques de plus en plus nombreuses en raison de leur refus persistant, depuis des semaines, de reporter les JO d’été prévus du 24 juillet au 9 août alors que de nombreuses autres compétitions d’envergure, comme l’Euro de football ou encore le tournoi de tennis de Roland-Garros, l’ont été et que beaucoup d’athlètes, soumis à des mesures de confinement dans leurs pays, ne peuvent plus s’entraîner normalement.

Ils ont finalement annoncé une réflexion d’un mois pour étudier divers scénarios, dont celui d’un report.

“Du point de vue de la santé et de la sécurité des athlètes, nous sommes parvenus à un stade où nous ne pouvons faire autrement que d’envisager des choses, y compris un report”, a déclaré lundi le président du comité olympique japonais, Yasuhiro Yamashita, à la presse.

Yoshiro Mori, président du comité d’organisation, a cependant affirmé que les Jeux de Tokyo ne seraient pas annulés.

“A partir du moment où le CIO indique qu’il réfléchit à d’autres solutions, c’est qu’il a déjà pris l’option de les reporter”, a commenté sur RMC le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia.

“UNE QUESTION DE SANTÉ PUBLIQUE”

Sans attendre, le Canada et l’Australie ont clairement prévenu qu’ils ne participeraient pas aux Jeux s’ils n’étaient pas reportés à 2021.

“Nous sommes au coeur d’une crise sanitaire mondiale qui est beaucoup plus importante que le sport”, a déclaré dans un communiqué le comité olympique canadien, appelant à un report des Jeux d’un an.

“Cette décision ne relève pas uniquement de la santé des athlètes, c’est une question de santé publique”, a-t-il poursuivi. “Dans le contexte actuel du Covid-19 et des risques qui y sont associés, il n’est pas sain pour nos athlètes ni pour la santé et la sécurité de leurs familles et de la population canadienne en général de poursuivre l’entraînement en préparation pour ces Jeux.”

Les arguments sont les mêmes au sein du comité olympique australien, qui a demandé à ses athlètes de se préparer pour des Jeux qui auraient lieu en 2021.

Les puissantes fédérations d’athlétisme américaine et britannique militent elles aussi pour un report et, hormis de rares voix discordantes, les athlètes, qui s’expriment notamment sur les réseaux sociaux, y semblent aussi favorables.

A Washington, Donald Trump a dit s’attendre à ce que les autorités japonaises prennent la “bonne décision”. “Les souhaits du Premier ministre japonais (Shinzo) Abe nous guideront”, a tweeté le président des Etats-Unis.

Jamais des Jeux olympiques d’été n’ont été reportés jusqu’à présent. Les éditions 1916, 1940 et 1944 n’ont pas eu lieu en raison des deux guerres mondiales et celles de 1980 à Moscou et 1984 à Los Angeles ont été perturbées par des boycotts liés aux tensions géopolitiques de la Guerre froide.

L’épidémie mondiale de coronavirus, apparue en décembre en Chine, a affecté plus de 337.000 personnes à travers le monde et provoqué environ 15.000 décès, selon les données compilées lundi par Reuters.

Avec la contribution des rédactions de Reuters dans le monde; version française Jean Terzian et Bertrand Boucey, édité par

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