March 11, 2020 / 7:57 AM / 5 months ago

Coronavirus: Merkel donne la priorité au ralentissement de l'épidémie

BERLIN (Reuters) - La chancelière allemande a estimé mercredi que jusqu’à 70% de la population en Allemagne était susceptible d’être infectée par le coronavirus et qu’en l’absence de traitement il fallait se concentrer sur un ralentissement de la propagation de la maladie.

La chancelière allemande a estimé mercredi que jusqu'à 70% de la population en Allemagne était susceptible d'être infectée par le coronavirus et qu'en l'absence de traitement il fallait se concentrer sur un ralentissement de la propagation de la maladie. /Photo prise le 11 mars 2020/REUTERS/Axel Schmidt

“Lorsque le virus est présent, la population ne dispose d’aucune immunité et aucune thérapie n’existe, alors 60% à 70% de la population sera infectée”, a déclaré Angela Merkel lors d’une conférence de presse à Berlin.

“La procédure doit avoir pour objectif de ne pas saturer le système de santé en ralentissant la propagation du virus (...) Il s’agit de gagner du temps.”

Angela Merkel s’est exprimée à la suite de critiques formulées à son encontre par le quotidien Bild sur le coronavirus: “Aucune apparition, aucun discours, aucun leadership”.

Auparavant, le ministre allemand de la Santé Jens Spahn, avait déclaré qu’une fermeture des frontières ne permettrait pas d’empêcher la propagation du virus, écartant ainsi de suivre l’exemple de l’Autriche qui refuse désormais l’accès à son territoire aux personnes venant d’Italie.

Jens Spahn, qui s’exprimait sur la radio Deutschlandfunk, a précisé que l’approche retenue par les autorités allemandes pour contrer l’épidémie visait à ralentir la propagation du virus afin d’atténuer le pic épidémique et d’éviter une saturation du système de santé.

“Le virus est en Allemagne, il est en Europe. Nous devons nous y habituer”, a-t-il déclaré.

“Il se répandra même si vous fermez toutes les frontières. Elles devront de toutes façons être rouvertes tôt ou tard et le virus reprendra alors sa propagation”, a-t-il souligné.

L’Allemagne a enregistré 1.296 cas de contamination depuis le début de l’épidémie, dont trois mortels, selon l’institut Robert Koch.

LE FÉDÉRALISME CRITIQUÉ

Dans le système fédéral allemand, les 16 Länder disposent d’une autonomie qui leur permet de suivre ou non les recommandations du ministère de la Santé.

Jens Spahn a exprimé mercredi son “étonnement” sur le fait qu’aucune décision n’avait été prise concernant une annulation du match de football entre le FC Union Berlin et le Bayern Munich prévu samedi dans la capitale allemande.

Les autorités locales ont cependant annoncé par la suite que le match se déroulerait à huis clos, une décision saluée par Jens Spahn.

Pour le quotidien Bild, la crise sanitaire en cours montre les limites d’un système fédéral.

La chancelière Merkel, qui a prévu de rencontrer les dirigeants des Länder jeudi afin de coordonner les mesures contre le coronavirus, a déclaré que le fédéralisme ne signifiait pas l’absence de responsabilité.

Elle s’est aussi engagée à faire tout ce qui est nécessaire pour contrer les effets du coronavirus, avec l’aide de ses partenaires européens.

Une fermeture des frontières ne permettrait pas d'empêcher la propagation du nouveau coronavirus, a déclaré mercredi le ministre allemand de la Santé Jens Spahn (photo), écartant l'éventualité de suivre l'exemple de l'Autriche qui refuse désormais l'accès à son territoire aux personnes venant d'Italie. /Photo prise le 9 mars 2020/REUTERS/Fabrizio Bensch

“Le message doit être le suivant: nous ferons ce qui est nécessaire en tant que pays, et cela aussi avec l’Europe”, a-t-elle déclaré.

Le cadre de surveillance budgétaire de l’Union européenne dispose de suffisamment de souplesse pour faire face même à des situations extraordinaires comme l’épidémie de coronavirus, a-t-elle ajouté, précisant que des mesures au niveau européen n’échoueraient pas du fait de l’Allemagne.

L’Italie, le pays le plus touché par l’épidémie en Europe, a annoncé une hausse de son déficit public pour faire face aux dépenses imprévues et au ralentissement de la croissance en lien avec la crise sanitaire en cours.

Thomas Escritt; version française Myriam Rivet et Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault

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