March 10, 2020 / 10:49 AM / a month ago

Ankara veut renégocier l'accord de 2016 sur les migrants avec l'UE

La Turquie a estimé mardi que l'accord de 2016 avec l'Union européenne (UE) sur la prise en charge des migrants devait être revu du fait de la crise dans le nord de la Syrie, sur fond de tensions croissantes à la frontière gréco-turque. /Photo prise le 10 mars 2020/REUTERS/Murad Sezer

ANKARA (Reuters) - La Turquie a estimé mardi que l’accord de 2016 avec l’Union européenne (UE) sur la prise en charge des migrants devait être revu du fait de la crise dans le nord de la Syrie, sur fond de tensions croissantes à la frontière gréco-turque.

Les autorités d’Ankara ont annoncé fin février ne plus pouvoir faire face à l’afflux de réfugiés syriens et donc refuser désormais de bloquer leur passage vers l’Union européenne.

Dans une interview avec l’agence de presse publique Anatolie, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré que pour contribuer à la résolution de cette crise migratoire, l’Union européenne devait revoir son union douanière avec la Turquie et libéraliser son régime des visas.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est entretenu lundi à Bruxelles avec des dirigeants de l’Union européenne et de l’Otan mais sans publier de communiqué conjoint ni tenir de conférence de presse commune à l’issue de ces rencontres.

Les relations entre la Turquie et l’UE se sont tendues ces dernières semaines autour du sort des dizaines de milliers de migrants tentant de pénétrer dans l’espace européen en franchissant la frontière turco-grecque.

Les autorités turques ont décidé le mois dernier de ne plus retenir les réfugiés présents sur leur territoire, dans le but d’obtenir un soutien financier plus conséquent de la part de l’UE afin de financer ses opérations militaires dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.

Près de 3,6 millions de réfugiés syriens sont présents en Turquie, qui s’est engagée à éviter qu’ils ne franchissent les frontières de l’UE en contrepartie d’une aide de six milliards d’euros dans le cadre de l’accord conclu en 2016.

Mais les autorités turques ont pris ombrage de ce qu’elles considèrent comme un soutien insuffisant de l’Europe au sujet du conflit syrien, où ses troupes affrontent les forces gouvernementales appuyées par la Russie.

Cet accord prévoyait également la prise en charge en Europe de milliers de réfugiés syriens présents dans des camps en Turquie, moyennant une levée de l’obligation de visas pour les ressortissants turcs se rendant dans l’UE, une accélération des négociations en vue d’une adhésion de la Turquie au bloc communautaire ainsi qu’une modernisation de leur union douanière.

Tuvan Gumrukcu and Ece Toksabay, Myriam Rivet pour le service français, édité par Blandine Hénault

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