March 9, 2020 / 11:56 AM / 5 months ago

Bruxelles demande à Erdogan d'éloigner les migrants de la frontière grecque

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a demandé lundi à la Turquie d’éloigner les migrants présents à la frontière gréco-turque en préalable à toute aide supplémentaire au gouvernement d’Ankara dans la crise syrienne.

Le président du Conseil européen, Charles Michel. La Commission européenne a demandé lundi à la Turquie d'éloigner les migrants présents à la frontière gréco-turque en préalable à toute aide supplémentaire au gouvernement d'Ankara dans la crise syrienne. /Photo prise le 9 mars 2020/REUTERS/François Lenoir

“La rencontre d’aujourd’hui avec Recep Tayyip Erdogan est un pas important dans la bonne direction”, a commenté sur Twitter le président du Conseil européen, Charles Michel, à l’issue d’un entretien à Bruxelles avec le président turc.

“La Turquie et l’Union européenne doivent travailler à l’application totale de la déclaration UE-Turquie sur les migrations pour parvenir à une désescalade de la situation”, a-t-il ajouté en référence à l’accord conclu en 2016 entre Bruxelles et Ankara.

Cet accord prévoit que l’UE aide financièrement la Turquie à prendre en charge les réfugiés syriens présents sur son territoire. Mais les autorités turques ont annoncé fin février qu’elles s’en désengageaient, estimant ne plus pouvoir faire face à l’afflux de réfugiés.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne qui participait aussi à ces échanges, a estimé pour sa part que “le dialogue ouvert et constructif aujourd’hui avec le président Erdogan était un bon point de départ d’un processus qui a avant tout pour objectif un soutien aux migrants et la stabilité pour la région”.

“Nous avons exprimé très clairement au président Erdogan notre engagement à progresser sur ces questions, à condition que cela soit réciproque”, a-t-elle ajouté à l’issue de leurs discussions, qui ont duré 40 minutes.

La Turquie abrite quelque 4 millions de réfugiés syriens sur son sol. L’Union européenne s’est engagée en 2016 à lui verser 6 milliards d’euros.

“AUCUN PAYS EUROPÉEN N’A LE LUXE DE RESTER INDIFFÉRENT”

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’est également entretenu avec des responsables de l’Otan lors de son déplacement à Bruxelles, entendait obtenir une aide financière, mais aussi politique et militaire.

“Les événements à la frontière gréco-turque laissent clairement penser à une pression exercée à des fins politiques sur les frontières extérieures de l’UE”, avait déclaré Ursula von der Leyen face à la presse avant de s’entretenir avec lui. “Trouver une solution à cette situation exigera de relâcher la pression sur la frontière.”

“Une condition préalable à toute aide européenne supplémentaire est l’arrêt de tout soutien aux franchissements illégaux de frontières et l’éloignement des personnes présentes à la frontière”, a renchéri l’eurodéputé conservateur allemand Manfred Weber.

Plusieurs milliers de migrants sont rassemblés depuis plus d’une semaine à la frontière gréco-turque après la décision turque de ne plus bloquer le passage des réfugiés vers l’Europe.

“La crise issue de Syrie, avec ses aspects humanitaires et sur la sécurité, menace notre région et même toute l’Europe”, avait déclaré Erdogan à son arrivée à Bruxelles. “Aucun pays européen n’a le luxe de rester indifférent”, ajoutait-il, avant d’indiquer qu’il espérait un “soutien concret” de la part de ses alliés.

Outre l’éloignement des migrants de la frontière grecque, Ursula von der Leyen a fixé comme autres priorités immédiates de garantir le droit d’asile, d’aider la Turquie et la Grèce, et de transférer les migrants et réfugiés retenus sur les îles grecques vers l’Europe continentale, en particulier les mineurs.

Selon l’UE, quelque 42.000 réfugiés et migrants se trouvent actuellement bloqués sur les îles grecques de la mer Egée, dont 5.500 mineurs isolés.

La France, le Portugal, la Finlande, l’Allemagne et le Luxembourg se sont proposés pour prendre en charge une partie de ces enfants non accompagnés. D’après Berlin, il s’agirait de 1.500 mineurs. Le sujet sera débattu vendredi à Bruxelles par les ministres européens chargés des questions migratoires.

Gabriela Baczynska; version française Jean-Stéphane Brosse et; Henri-Pierre André

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