March 5, 2020 / 10:30 AM / 4 months ago

Ankara accuse les forces grecques d'avoir blessé des migrants, renforce sa frontière

Le ministre turc de l'Intérieur, Suleyman Soylu, a accusé jeudi les forces de sécurité grecques d'avoir blessé plus de 160 migrants à la frontière avec la Turquie, ajoutant qu'il déployait un millier de membres des forces spéciales de la police turque pour empêcher qu'ils soient refoulés. /Photo prise le 5 mars 2020/REUTERS/Elias Marcou

EDIRNE, Turquie (Reuters) - Le ministre turc de l’Intérieur, Suleyman Soylu, a accusé jeudi les forces de sécurité grecques d’avoir blessé plus de 160 migrants à la frontière avec la Turquie, ajoutant qu’il déployait un millier de membres des forces spéciales de la police turque pour empêcher qu’ils soient refoulés.

“Ils ont blessé 164 personnes et ont tenté d’en repousser 4.900 sur le territoire turc”, a-t-il dit lors d’un déplacement sur la frontière, dans la province d’Edirne.

“Nous déployons 1.000 policiers des forces spéciales à la frontière pour empêcher ces refoulements”, a-t-il ajouté.

La Turquie a annoncé le 28 février qu’elle se désengageait d’un accord conclu en 2016 avec l’Union européenne et qu’elle n’empêcherait plus les migrants de quitter son territoire, une décision qui a provoqué un afflux de réfugiés vers la frontière avec la Grèce.

De sources gouvernementales grecques, on précise jeudi que près de 35.000 migrants au total ont été repoussés depuis lors à la frontière.

Plusieurs centaines d’autres ont réussi à passer sur le territoire grec.

Tous ceux qui sont arrivés après le 1er mars seront regroupés à Serres, dans le nord du pays, avant d’être renvoyés dans leur pays d’origine, a annoncé tard mercredi soir le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi.

La Grèce et l’Union européenne accusent la Turquie d’avoir délibérément favorisé ce nouvel afflux de réfugiés pour faire pression sur Bruxelles et obtenir soit davantage de moyens financiers pour prendre en charge les migrants, soit un soutien diplomatique à ses visées géopolitiques dans le conflit syrien.

La Turquie, qui accueille déjà 3,7 millions de réfugiés syriens, explique de son côté qu’elle ne pourra pas s’occuper des centaines de milliers d’habitants de la région syrienne d’Idlib qui fuient l’offensive menée depuis la fin de l’année dernière par les forces gouvernementales syriennes avec l’appui de la Russie.

Bulent Usta avec Lefteris Papadimas à Kastanies, Grèce; version française Henri-Pierre André, édité par Blandine Hénault

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