March 4, 2020 / 10:38 AM / a month ago

Nouveaux heurts à la frontière gréco-turque

La police anti-émeute et les troupes grecques ont à nouveau fait usage mercredi de grenades lacrymogènes pour repousser plusieurs centaines de migrants et de réfugiés qui tentaient de franchir la frontière entre la Turquie et la Grèce. /Photo prise le 4 mars 2020/REUTERS/Huseyin Aldemir

KASTANIES/LESBOS, Grèce (Reuters) - La police anti-émeute et les troupes grecques ont à nouveau fait usage mercredi de grenades lacrymogènes pour repousser plusieurs centaines de migrants et de réfugiés qui tentaient de franchir la frontière entre la Turquie et la Grèce.

Une épaisse fumée s’est répandue de part et d’autre du poste frontière de Kastanies, théâtre d’affrontements parfois violents depuis vendredi. Les tensions ont toutefois semblé s’apaiser mardi, après le départ d’une partie des candidats au passage en Europe.

Plus de 10.000 personnes ont tenté d’y pénétrer depuis que la Turquie, qui a accueilli 3,7 millions de réfugiés et redoute un nouvel afflux, a cessé de les retenir. Face à l’intensification des combats dans la province syrienne d’Idlib, le gouvernement d’Ankara a annoncé jeudi qu’il n’empêcherait plus les passages vers l’Europe, comme il s’y était engagé en 2016, moyennant une aide de six milliards d’euros de la part de l’Union.

La crise se joue aussi en mer Egée où les gardes-côtes cherchent à tenir à distance les bateaux de migrants et de réfugiés. Un jeune Syrien est mort noyé lundi après un naufrage au large de Lesbos.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne qui s’est rendue mardi à Kastanies en compagnie du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, a promis d’aider Athènes à y faire face.

Le Premier ministre grec accuse Ankara d’encourager délibérément les migrants à se présenter à la frontière pour contraindre l’UE à prendre son parti dans le conflit syrien. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a parlé mardi d’un “chantage inacceptable”.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est attiré les foudres d’Athènes en accusant lundi les gardes-frontières grecs d’avoir tué deux migrants, ce que le gouvernement grec a fermement démenti.

“J’appelle les pays de l’Union européenne, en particulier la Grèce, à agir conformément à la Déclaration des droits de l’homme et à respecter les migrants arrivant sur leurs terres”, a-t-il déclaré mercredi, après de nouvelles accusations.

Selon deux membres des services de sécurité turcs et les services du gouverneur local, des tirs à balles réelles des forces grecques ont fait un mort et cinq blessés mercredi à la frontière. “La Turquie sème la désinformation (...) Je démens catégoriquement”, a réagi Stelios Petsas, porte-parole du gouvernement grec.

Lefteris Papadimas avec Angeliki Kountantou à Lesbos, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Michel Bélot

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