March 3, 2020 / 5:45 AM / 4 months ago

Israël: Le Likoud de Netanyahu en tête des législatives, sans majorité

JERUSALEM (Reuters) - Le Likoud du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu était donné en tête mardi des troisièmes élections législatives en moins d’un an en Israël mais il ne semblait pas en mesure d’obtenir une majorité parlementaire, montrent les résultats encore partiels du scrutin.

Le Likoud du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu était donné en tête mardi des troisièmes élections législatives en moins d'un an en Israël mais il ne semblait pas en mesure d'obtenir une majorité parlementaire, montrent les résultats encore partiels du scrutin. /Photo prise le 3 mars 2020/REUTERS/Amir Cohen

Après dépouillement d’environ 90% des bulletins de vote, la coalition emmenée par Benjamin Netanyahu, allié à des partis religieux et de droite, est créditée de 59 sièges alors que la Knesset compte 120 députés, et que la majorité absolue y est donc de 61 sièges.

Le Likoud lui-même serait la première force parlementaire avec 36 élus, soit quatre de plus que la formation centriste Bleu et Blanc de son principal rival Benny Gantz.

Benjamin Netanyahu a revendiqué la victoire dès lundi soir mais l’émiettement persistant du paysage politique israélien à l’issue de ce scrutin laisse augurer la poursuite de la paralysie institutionnelle du pays.

Ces résultats, après des élections en avril et septembre derniers n’ayant pas permis la formation d’un gouvernement, illustrent cependant la capacité de résistance de Benjamin Netanyahu. Au pouvoir sans discontinuer depuis 2009 après une première expérience à la tête du gouvernement à partir de 1996, le Premier ministre sortant a fait campagne avec l’ombre d’un procès pour corruption qui doit débuter ce mois-ci.

S’il obtient un cinquième mandat à la tête du gouvernement, ce qui serait un record, le dirigeant de 70 ans pourrait avoir le champ libre pour réaliser sa promesse d’annexer les colonies juives de Cisjordanie dans le cadre du plan de paix pour le Proche-Orient dévoilé par le président américain Donald Trump en janvier.

La Liste arabe unie devrait rester la troisième force politique d’Israël avec une progression en sièges, passant de 13 à 15 élus.

Avec sept élus, le parti d’Avigdor Lieberman pourrait détenir les clefs nécessaires pour former une coalition.

“Comme nous l’avons promis aux électeurs, nous ferons tout pour éviter une quatrième élection et nous avons l’intention d’agir de façon décisive, d’une manière ou d’une autre”, a-t-il dit à l’antenne de la Chaîne 12, ajoutant qu’il réunirait son parti jeudi après-midi pour trancher.

“CONTRE TOUTE ATTENTE”

Au cours d’une campagne qui s’est davantage focalisée sur la personnalité des rivaux que sur leurs programmes, les différentes composantes de la coalition de droite sortante ont promis de rejoindre un gouvernement mené par le Likoud.

Benjamin Netanyahu a mené une campagne vigoureuse sur le thème de “la sécurité d’abord”, bien connu des électeurs israéliens et cher à ses partisans, que son procès imminent n’a visiblement pas dissuadé de voter pour lui.

La participation, de 71%, a été élevée malgré les craintes liées à l’apparition en Israël du nouveau coronavirus venu de Chine.

“Quelle nuit joyeuse”, a dit un Benjamin Netanyahu rayonnant à une foule de partisans en liesse réunis au siège de campagne du Likoud à Tel Aviv. “Cette victoire a une saveur particulièrement douce, parce qu’elle est contre toute attente (...) Nous avons transformé les citrons en limonade.”

Benny Gantz, qui s’était exprimé auparavant au siège de campagne de son parti, n’a pas concédé sa défaite, estimant que le scrutin pourrait déboucher sur une nouvelle impasse.

“Honnêtement, je comprends et partage le sentiment de déception et de douleur parce que ce n’est pas le résultat que nous voulions”, a dit l’ancien chef d’état-major de l’armée.

Lors du précédent scrutin en septembre, les centristes de Bleu et Blanc avaient devancé le Likoud, avec 33 sièges contre 32, mais ni Benny Gantz ni Benjamin Netanyahu n’avaient réussi à former un gouvernement.

Benjamin Netanyahu a dû relever un défi sans précédent depuis son inculpation en novembre dernier pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes. Le procès du chef du gouvernement sortant, qui a dénoncé un “coup d’Etat”, doit s’ouvrir le 17 mars.

Durant la campagne, Benny Gantz a surnommé Netanyahu “le prévenu”, l’accusant de vouloir rester au pouvoir pour faire adopter une loi empêchant les autorités de juger un Premier ministre en fonction.

Benjamin Netanyahu a pour sa part présenté son rival de 60 ans comme un “lâche” incapable de faire face aux nombreux dangers qui guettent Israël dans la région. Il a en outre laissé entendre que Benny Gantz aurait besoin, pour former une majorité à la Knesset, du soutien des élus arabes, qui le tiendraient ainsi sous leur coupe.

avec Dan Williams, Stephen Farrell et Maayan Lubell; version française Jean Terzian, Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey, édité par Henri-Pierre André

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