March 2, 2020 / 10:59 AM / 4 months ago

Un enfant se noie au large de Lesbos, un Syrien tué à la frontière gréco-turque

ATHENES (Reuters) - Un enfant est mort après le naufrage d’une embarcation de migrants lundi au large de l’île de Lesbos, a annoncé la garde-côtes grecque tandis que des sources auprès des services de sécurité turques rapportent qu’un autre migrant a été tué après une intervention des forces de sécurité grecques, s’attirant un démenti de la part d’Athènes.

Un enfant est mort après le naufrage d'une embarcation de migrants lundi au large de l'île de Lesbos, a annoncé la garde-côtes grecque tandis que des sources auprès des services de sécurité turques rapportent qu'un autre migrant a été tué après une intervention des forces de sécurité grecques, s'attirant un démenti de la part d'Athènes. /Photo prise le 2 mars 2020/REUTERS/Alkis Konstantinidis

Au moins un millier de demandeurs d’asile en provenance de Turquie ont gagné les îles de la mer Egée depuis dimanche matin, a déclaré la police grecque.

Ils sont par ailleurs plus de 10.000 à avoir tenté de franchir la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, où des garde-frontières des deux côtés ont fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de contrôler cet afflux.

C’est dans ce secteur, selon des sources de la sécurité turque, qu’un réfugié syrien qui tentait de gagner la Grèce à partir de la Turquie a été mortellement blessé lundi matin à la suite d’une intervention des forces de sécurité grecques.

Un témoin a rapporté que l’incident s’était produit à une quarantaine de mètres du poste frontière d’Ipsala. Les circonstances dans lesquelles ce réfugié a été touché ne sont pas claires.

Le porte-parole du gouvernement grec a pour sa part qualifié de “fake news” une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrant un jeune homme allongé au sol, des blessures à la tête.

“Nous appelons tout le monde à faire preuve de prudence avant de relayer des informations qui font avancer la propagande turque”, a ajouté Stelios Petsas.

La Grèce a placé ses frontières en état de sécurité maximale dimanche après la décision turque de ne plus bloquer le passage des migrants vers l’Europe.

La Turquie, qui compte 3,7 millions de réfugiés syriens sur son territoire et en attend un million supplémentaire, déplacés par les combats en cours dans la province d’Idlib, a annoncé jeudi dernier qu’elle n’appliquait plus l’accord conclu en 2016 avec l’Union européenne.

Cet arrangement, qui prévoyait qu’Ankara retiendrait les migrants transitant par son territoire moyennant une aide de plusieurs milliards d’euros, a mis fin à un mouvement migratoire vers l’Europe sans précédent depuis 1945.

“GUIDÉS ET ENCOURAGÉS PAR LA TURQUIE”

En Grèce, des représentants de l’Etat accusent la Turquie d’avoir orchestré une campagne coordonnée pour inciter les migrants à franchir la frontière. “Ces mouvements sont guidés et encouragés par la Turquie”, a dit le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas, à l’issue d’une réunion de crise à Athènes des instances chargées de la sécurité.

Cet afflux de migrants, a-t-il ajouté, constitue “une menace active, sérieuse, grave et asymétrique pesant contre la sécurité nationale de notre pays”.

D’après la garde-côtes grecque, l’embarcation qui a fait naufrage lundi matin près de Lesbos avait été escortée par un navire turc. Quarante-six de ses occupants ont pu être sauvés.

En France, le Quai d’Orsay a annoncé lundi que Jean-Yves Le Drian “a fait part de la pleine et entière solidarité de la France envers la Grèce qui est soumise à une pression migratoire accrue à ses frontières maritimes et terrestres”.

Au cours d’un entretien avec le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, le chef de la diplomatie française a également apporté son soutien à la demande d’Athènes d’une convocation “dans les tout prochains jours” d’un Conseil européen des affaires étrangères extraordinaire “afin de déterminer une position commune et des actions conjointes des pays membres face à cette nouvelle situation de crise”.

Renee Maltezou avec Bushra Shakhshir à Edirne, Alkis Konstandinis à Lesbos et Orhan Coskun à Istanbul; version française Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below