February 18, 2020 / 12:53 PM / 4 months ago

Libye: Les négociations suspendues après le bombardement du port de Tripoli

GENEVE/TRIPOLI (Reuters) - Le gouvernement libyen internationalement reconnu a interrompu mardi les pourparlers entamés sous l’égide des Nations Unies, après le bombardement du port de Tripoli par les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui tiennent l’est du pays et cherchent à s’emparer de la capitale.

Le gouvernement libyen internationalement reconnu a interrompu mardi les pourparlers entamés sous l'égide des Nations Unies, après le bombardement du port de Tripoli (photo) par les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui tiennent l'est du pays et cherchent à s'emparer de la capitale. /Photo prise le 18 février 2020/REUTERS/Ahmed Elumami

    Les négociations menées à Genève s’étaient ouvertes après le sommet organisé le 19 janvier à Berlin pour pérenniser le fragile cessez-le-feu obtenu un peu plus tôt par la Turquie et la Russie.

    L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a annoncé dans un premier temps avoir visé un navire turc chargé d’armes, puis a indiqué par la suite avoir touché un dépôt d’armes. Des tirs d’artillerie lourde ont par ailleurs retenti tard dans la nuit dans certains quartiers de Tripoli.

    Le gouvernement d’entente nationale (GEN) qui siège dans la capitale a ensuite annoncé dans un communiqué la suspension des pourparlers “jusqu’à ce que des initiatives fermes soient prises à l’encontre de l’assaillant”. Il promet en outre de réagir “fermement à l’agression au moment opportun”.

    “Les négociations ne signifient rien sans un cessez-le-feu permanent garantissant le retour des déplacées et la sécurité de la capitale ainsi que des autres villes”, ajoute le GEN.

    La compagnie publique NOC dit quant à elle avoir procédé en urgence à l’évacuation de tous les pétroliers mouillant dans le port, où un missile s’est selon elle abattu à quelques mètres “d’un tanker chargé de gaz de pétrole liquéfié (GPL) hautement explosif”.

    “L’attaque d’aujourd’hui contre le port de Tripoli aurait pu entraîner une catastrophe humanitaire et environnementale”, souligne Mustafa Sanalla, président du groupe pétrolier.

    “La ville ne dispose pas d’installations de stockage de carburant opérationnelles (...) Les conséquences seront immédiates; les hôpitaux, les écoles, les centrales électriques et d’autres services vitaux seront perturbés”, ajoute-t-il.

    D’après les forces fidèles au GEN, l’ANL a tiré quatre missiles dans le port.

Selon des sources diplomatiques, la Turquie a envoyé plusieurs navires chargés d’armes et de véhicules lourds depuis janvier pour soutenir le GEN face à l’offensive lancée en avril par les forces d’Haftar, elles-mêmes appuyées par les Emirats arabes unis, l’Egypte, la Jordanie et des mercenaires russes.

Ahmed Elumami, Emma Farge, Ulf Laessing, Hani Amara, Ayman al-Warfalli and Hesham Abdul Khalek; version française Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief

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