February 12, 2020 / 10:23 AM / 6 months ago

Syrie: Le ton monte d'un cran entre la Russie et la Turquie

ANKARA/MOSCOU (Reuters) - Le ton est monté d’un cran mercredi entre la Turquie et la Russie concernant la situation à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, Ankara menaçant de mener des représailles en cas de nouvelles attaques contre ses troupes et Moscou accusant la Turquie de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu.

Le ton est monté d'un cran mercredi entre la Turquie et la Russie concernant la situation à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, Ankara menaçant de mener des représailles en cas de nouvelles attaques contre ses troupes et Moscou accusant la Turquie de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu. /Photo prise le 7 novembre 2019/REUTERS/Bernadett Szabo

Déjà vive depuis le début du conflit syrien en 2011, la tension a encore augmenté ces dix derniers jours entre le régime de Damas, qui est soutenu militairement par la Russie, et Ankara, qui appuie les groupes rebelles, avec la mort de treize soldats turcs dans des bombardements des forces gouvernementales syriennes.

La Turquie est présente en Syrie par le biais de 12 postes d’observation dans la province d’Idlib, située dans le nord-ouest du pays, dans le cadre d’un accord conclu avec la Russie et l’Iran visant à faire cesser les violences dans la région.

“Si la moindre blessure arrivait à nos soldats sur les postes d’observation ou ailleurs, (...) nous frapperons les forces du régime partout à partir d’aujourd’hui, et ce indépendamment des frontières d’Idlib” ou de l’accord de cessez-le-feu de Sotchi signé en 2018, a déclaré le dirigeant turc à des membres de son parti AKP à Ankara.

“Nous le ferons par tous les moyens nécessaires, par voie aérienne ou terrestre, sans hésiter”, a-t-il prévenu.

La question d’Idlib a fait l’objet de discussions ce week-end et lundi entre une délégation russe, qui soutient et appuie militairement le régime de Bachar al Assad en Syrie, et des responsables turcs à Ankara, mais ces échanges n’ont pas permis de déboucher sur un accord.

Lors d’une conférence de presse en Albanie mercredi, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a annoncé qu’une délégation turque se rendrait à Moscou dans les prochains jours pour entamer une nouvelle série de discussions sur la situation à Idlib.

Au vu des déclarations du porte-parole du Kremlin mercredi, les discussions s’annoncent toutefois tendues. Lors d’un point presse, Dmitri Peskov a accusé Ankara de ne pas respecter les accords de Sotchi et de ne rien faire pour “neutraliser les terroristes”.

“Tous ces groupes bombardent les troupes syriennes et mènent des actions agressives contre les installations militaires russes”, a-t-il déploré. “C’est inacceptable.”

De son côté, le ministère russe de la Défense a estimé que la présence militaire turque aggravait la situation dans la province d’Idlib, dernière poche de résistance au régime du président Bachar al Assad.

Dans un communiqué, il a également rejeté les accusations d’Ankara à propos d’attaques qui auraient été commises par des forces russes sur des populations civiles dans la zone dite “de désescalade”.

“La véritable raison de la crise dans la zone de désescalade d’Idlib, c’est malheureusement le non-respect par nos collègues turcs de leurs engagements à séparer les militants de l’opposition modérée des terroristes”, a-t-il dénoncé.

Tuvan Gumrukcu et Ece Toksabay à Ankara, Andrew Osborn à Moscou, version française Marine Pennetier, édité par Jean-Stéphane Brosse

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