February 6, 2020 / 7:31 PM / 4 months ago

Coronavirus: Une nuit dans une voiture pour être rapatrié au Canada

PARIS (Reuters) - Bloqué par un barrage de police, Christopher Lan, un professeur en génie biochimique à l’Université d’Ottawa (Ontario) a passé la nuit dans sa voiture à quelques kilomètres de l’avion qui devait le rapatrier au Canada, pour échapper à l’épidémie du coronavirus 2019-nCoV.

Bloqué par un barrage de police, Christopher Lan, un professeur en génie biochimique à l'Université d'Ottawa (Ontario) a passé la nuit dans sa voiture à quelques kilomètres de l'avion qui devait le rapatrier au Canada, pour échapper à l'épidémie du coronavirus 2019-nCoV. /Photo prise le 6 février 2020/REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Christopher Lan était venu en Chine avec sa femme et son fils pour passer le nouvel an auprès de sa famille à Yidu, dans la province de Hubei. Il s’est retrouvé bloqué en confinement lorsque l’épidémie de virus a éclaté, faisant 563 morts et contaminant plus de 28.000 personnes.

Inquiet de la propagation du virus, il a fait une demande de rapatriement auprès du gouvernement Canadien, qui a été acceptée.

Après 4h30 heures de route, son trajet s’est cependant arrêté à sept kilomètres de l’aéroport de Wuhan, à un barrage policier. Les agents sur place lui ont dit que “les plans avaient changé”, l’enregistrement ne pourrait se faire que le lendemain, jeudi.

“Il y avait beaucoup de frustration, de la confusion. Les gens ne savaient pas quoi faire. Ceux qui habitaient à Wuhan sont repartis chez eux, dans l’attente de nouvelles. Mais pour nous la décision était plus compliquée”, a-t-il dit à Reuters dans plusieurs vidéos où il raconte ses mésaventures.

Lui et sa famille ont décidé passer la nuit de mercredi à jeudi sur place, dans la voiture, par une température proche de zéro degré.

“La température n’est pas si terrible”, a dit le scientifique, emmitouflé dans un épais manteau d’hiver, masque de protection sur le visage. “C’est toute une aventure”.

Une autre famille, avec deux enfants de huit et dix ans, qui avait conduit pendant plus de cinq heures pour arriver aux contrôles de sécurité, a, elle aussi, préféré passer la nuit dans la voiture.

“C’était une expérience assez désagréable, surtout pour les enfants”, raconte Annie, au réveil, dans une vidéo, accompagnée de son mari. “Ils se sont beaucoup plaints”.

Des centaines de ressortissants étrangers ont été évacués de Wuhan, ville du centre de la Chine où s’est officiellement déclarée l’épidémie en décembre dernier et qui est placée en confinement depuis près de deux semaines.

Le Canada devait rapatrier quelque 300 personnes dans la nuit de jeudi à vendredi.

Reuters a perdu contact avec Christopher Lan avant qu’il n’atteigne l’aéroport. Mais d’autres canadiens étaient sur le point d’embarquer, comme Edward Wang, qui était accompagné de sa mère. Le personnel de l’aéroport l’attendait, habillé en combinaison jaune. Un drapeau canadien était étalé sur l’un des comptoirs d’enregistrement.

Il devait embarquer dans l’avion affrété par les Etats-Unis, censé partir à 03h00 (19h30 GMT) dans la nuit de jeudi à vendredi, n’ayant pas eu de place dans l’avion canadien.

“Les Américains me déposeront à Vancouver”, dit-il au moment de récupérer sa carte d’embarquement. “Ensuite, je continuerai à Trenton”.

Caroline Pailliez

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