February 6, 2020 / 7:25 AM / 6 months ago

La digue contre l'AfD saute en Thuringe, nouvelles élections en vue

BERLIN (Reuters) - Thomas Kemmerich, membre du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) élu mercredi à la tête du Land de Thuringe avec les voix de l’extrême droite, a demandé jeudi la dissolution de l’assemblée régionale.

Thomas Kemmerich (photo), membre du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) élu mercredi à la tête du Land de Thuringe avec les voix de l'extrême droite, a demandé jeudi la dissolution de l'assemblée régionale./Photo prise le 5 février 2020/REUTERS/Hannibal Hanschke

Angela Merkel s’était auparavant indignée de son élection. “Cet événement est inexcusable et le résultat doit donc être invalidé. C’est un jour sombre pour la démocratie”, a déclaré la chancelière, s’adressant à la presse lors d’une visite en Afrique du Sud.

Thomas Kemmerich, membre peu connu du FDP, est devenu le premier ministre-président élu avec le soutien d’Alternative pour l’Allemagne et celui de l’Union chrétienne démocrate (CDU) d’Angela Merkel, alors que les grands partis allemands faisaient front commun contre l’extrême droite depuis la Seconde Guerre mondiale. La chancelière a reproché à la CDU de Thuringe d’avoir enfreint les règles du parti.

Face au tollé, le nouveau ministre-président a donc prôné la dissolution de l’assemblée qui l’a élu. “Nous voulons de cette façon provoquer de nouvelles élections pour dissiper l’infamie du soutien de l’AfD”, a-t-il déclaré.

La dissolution doit être approuvée à la majorité des deux tiers, ce qui suppose l’appui de Die Linke (La Gauche), des Verts et de la CDU ou de l’AfD, or la formation d’Angela Merkel ne semble pas décidée à la voter.

UN TABOU BRISÉ

Interrogé sur ce qu’il compte faire en cas de rejet de sa demande de dissolution, Thomas Kemmerich a répondu qu’il solliciterait un vote de confiance. “Nous sommes en contact avec la CDU. Nous ignorons ce qu’ils vont décider”, a-t-il ajouté.

Selon la presse, il serait prêt à démissionner.

Le Parti social-démocrate (SPD), membre de la “Große Koalition” emmenée par la CDU, a annoncé la tenue samedi à Berlin d’une réunion de crise.

“Immoral et honteux. L’Allemagne dans son ensemble risque d’être affectée, à moins qu’il n’y ait de nouvelles élections en Thuringe”, juge sur Twitter Sigmar Gabriel, ancien président du SPD.

“Les événements de Thuringe brisent un tabou dans l’histoire de la démocratie politique de la République fédérale”, déplore quant à lui le ministre des Finances, Olaf Scholz, autre figure du SPD. Cela soulève de “très graves questions pour nous avec la direction fédérale de la CDU”, a-t-il ajouté.

“La meilleure chose serait que les électeurs de Thuringe aient de nouvelles élections”, a jugé Annegret Kramp-Karrenbauer, cheffe de file fédérale de la CDU, ajoutant que la direction nationale du parti restait décidée à faire barrage à l’AfD. Elle a en outre exclu toute participation de la CDU au gouvernement Kemmerich.

Le candidat du FDP a battu d’une voix le ministre-président sortant Bodo Ramelow, issu de la gauche et dont la coalition avait échoué à obtenir la majorité lors des élections régionales d’octobre dernier.

Paul Carrel et Joseph Nasr; version française Jean Terzian et Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Stéphane Brosse

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