January 27, 2020 / 2:26 PM / 6 months ago

Trump présente son plan pour le Proche-Orient à Netanyahu et Gantz

WASHINGTON (Reuters) - A la veille de sa publication par la Maison blanche, Donald Trump a exposé lundi au chef du gouvernement israélien et à son principal adversaire politique les détails de son plan de paix pour le Proche-Orient, d’ores et déjà récusé par les Palestiniens.

A la veille de sa publication par la Maison blanche, Donald Trump devait exposer lundi au chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu (en photo à droite), et à son principal adversaire politique les détails de son plan de paix pour le Proche-Orient, d'ores et déjà récusé par les Palestiniens et qualifié de délirant par Téhéran. /Photo prise le 27 janvier 2020/REUTERS/Kevin Lamarque

Assis au côté de Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison blanche, le président américain a affirmé que son plan, qu’il compte dévoiler mardi à la mi-journée (17h00 GMT) en compagnie du Premier ministre israélien, semblait “sensé pour tout le monde”.

Il s’est dit persuadé que malgré leurs critiques, les Palestiniens finiraient par accepter un plan “bon pour eux”.

“Ils n’en voudront probablement pas au départ”, a dit le président américain. “Mais je pense qu’au bout du compte, ils en voudront (...). C’est très bon pour eux. C’est même extrêmement bon pour eux. On verra bien. Sans eux, nous ne conclurons pas d’accord et voilà tout.”

Après Netanyahu, Donald Trump a reçu Benny Gantz, chef de file de l’opposition centriste israélienne, dont le parti a fait jeu égal avec le Likoud lors des dernières législatives, et qui a donné son aval la semaine dernière à la publication du plan avant les élections du 2 mars.

Le plan Trump, a dit Benny Gantz par la suite à des journalistes, est “une étape importante et historique”. “Immédiatement après les élections, je m’engagerai dans sa mise en oeuvre (...) en association avec les autres pays de notre région”, a ajouté l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne.

L’Autorité palestinienne dit, elle, ne pas avoir été invitée.

Pour le Premier ministre palestinien Mohammad Chtayyeh, ce plan n’est qu’un moyen de détourner l’attention du procès en destitution de Donald Trump et des démêlés judiciaires du chef du gouvernement israélien, poursuivi pour corruption, alors qu’il briguera un nouveau mandat le 2 mars, dans le cadre du troisième scrutin législatif en moins d’un an.

“Ce plan n’a pas d’autre but que d’en finir avec la cause palestinienne”, a déploré lundi le chef du gouvernement palestinien.

UN PLAN “DÉLIRANT” SELON TÉHÉRAN

A Ramallah, on considère que ce plan a pour but de faire accepter, moyennant d’importantes compensations financières, l’annexion de fait d’une moitié environ de la Cisjordanie, dont la fertile vallée du Jourdain, à la situation stratégique.

L’élaboration de ce plan censé relancer le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis 2014, a été confiée à Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain. Il en a présenté en juin le volet économique. L’Autorité palestinienne, qui craint une remise en question du principe de coexistence pacifique de deux Etats, l’a également rejeté malgré les 50 milliards de dollars d’investissements promis.

Donald Trump espérait dévoiler le volet politique l’année dernière, mais l’incapacité de Benjamin Netanyahu à former un gouvernement à l’issue des dernières élections législatives dans l’Etat hébreu l’a contraint à reporter l’échéance. Préoccupé par sa propre campagne pour la présidentielle de novembre, Donald Trump pouvait difficilement attendre la formation d’un nouveau gouvernement israélien, souligne-t-on à Washington.

Revenant sur une position en vigueur depuis 1978, l’administration Trump a annoncé en novembre que les colonies israéliennes de Cisjordanie ne seraient plus jugées contraires au droit international, ce qui lui a de nouveau valu les foudres de l’Autorité palestinienne, après le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem en mai 2018 et la reconnaissance de la Ville Sainte en tant que capitale de l’Etat hébreu, en 2017.

Depuis cette décision, Mahmoud Abbas considère que les Etats-Unis ne sont plus un “médiateur honnête”.

Pour la Jordanie, qui a conclu un accord de paix avec Israël tout comme l’Egypte, l’annexion de la vallée du Jourdain “va faire voler le processus de paix en éclats”, a averti le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Donald Trump va exposer lundi au chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu (en photo à droite), et à son principal adversaire politique les détails de son plan de paix pour le Proche-Orient, d'ores et déjà récusé par les Palestiniens. /Photo d'archives/REUTERS/Ronen Zvulun

Sur Twitter, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a dénoncé un plan “délirant”.

“Au lieu d’un délirant ‘deal du siècle’ - les autoproclamés ‘champions de la démocratie’ feraient mieux d’accepter la solution démocratique iranienne proposée par l’Ayatollah @khamenei_ir: un référendum par lequel TOUS les Palestiniens - musulmans, juifs ou chrétiens - décideront de leur avenir”, a écrit le chef de la diplomatie iranienne.

Visiblement décidés à exploiter l’indignation suscitée par les revirements américains et l’attitude de l’Etat hébreu, les djihadistes de l’Etat islamique ont invité lundi les musulmans du monde entier à s’opposer au plan Kushner et à s’en prendre aux intérêts israéliens.

Avec Ali Sawafta à Ramallah et Stephen Farrell à Jérusalem, version française Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse

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