January 13, 2020 / 8:45 AM / 6 days ago

"Des progrès" mais pas encore d'accord sur la Libye à Moscou

MOSCOU/ANKARA (Reuters) - Les pourparlers indirects qui se sont tenus lundi à Moscou entre les deux principaux protagonistes du conflit libyen ont permis des “avancées” sans toutefois aboutir à un accord de cessez-le-feu inconditionnel et illimité, ont annoncé les chefs de la diplomatie russe et turque.

Les deux principaux protagonistes du conflit en Libye, le chef du gouvernement d'entente nationale Fayez el Serraj et le maréchal Khalifa Haftar (photo), doivent se retrouver lundi à Moscou pour des pourparlers de paix, annonce le ministère russe des Affaires étrangères. /Photo d'archives/REUTERS/Sergei Karpukhin

A la manoeuvre pour tenter de trouver une issue au chaos dans lequel la Libye est plongée depuis 2011, Moscou et Ankara avaient exhorté ces derniers jours le Premier ministre libyen Fayez al Serraj et le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays, à signer formellement une trêve.

“Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’un certain progrès a été obtenu”, a annoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à la presse, à l’issue des huit heures de discussions qui se sont tenues dans la capitale russe.

Fayez al Serraj, dont le gouvernement d’entente nationale (GEN) est reconnu par la communauté internationale, a signé l’accord formel de cessez-le-feu, a-t-il fait savoir. Quant au maréchal Khalifa Haftar, dont les forces ont lancé une offensive au printemps contre Tripoli, il a demandé plus de temps avant de prendre une décision.

Présent à Moscou, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a de son côté confirmé que l’homme fort de l’est du pays avait demandé un temps de réflexion supplémentaire, jusqu’à mardi matin.

Signe du chemin qu’il reste à parcourir, Fayez al Serraj aurait refusé, selon l’agence de presse russe Tass, de discuter directement avec le maréchal Haftar à Moscou, contraignant les diplomates russes et turcs à faire la navette entre les deux hommes. La dernière rencontre entre Fayez al Serraj et Khalifa Haftar remonte à février 2019 à Abou Dhabi.

FRAGILE CESSEZ-LE-FEU

Plongée dans le chaos depuis 2011, la Libye est divisée en deux camps rivaux qui bénéficient du soutien de puissances régionales et internationales, à l’image notamment de la Turquie qui appuie le GEN et de la Russie qui, malgré ses démentis, est accusée de soutenir les forces du maréchal Haftar.

La lutte d’influence à laquelle se livrent les acteurs régionaux en Libye suscite l’inquiétude de l’Union européenne qui a condamné la semaine dernière les projets de déploiement militaire turc dans le pays, mettant en garde contre toute alimentation de la crise.

S’exprimant à Ankara aux côtés du président du conseil italien Giuseppe Conte, le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué que son pays déployait tous ses “efforts pour que le cessez-le-feu soit durable” en Libye et a souhaité que les discussions de Moscou posent les bases du sommet de Berlin prévu dimanche.

Ce sommet sur la Libye pourrait, selon une source européenne, se tenir en format “5+5” - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Chine, France, Russie, Grande-Bretagne) et cinq “acteurs clefs” (Italie, Allemagne, Turquie, Egypte, Emirats arabes unis).

Au lendemain de son entrée en vigueur, le fragile cessez-le-feu annoncé dans la nuit de samedi à dimanche a permis de réduire l’intensité des combats entre les deux camps en Libye, même si des accrochages ont été signalés autour de Tripoli.

version française Marine Pennetier, édité par Jean-Philippe Lefief

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