October 31, 2019 / 7:36 AM / 20 days ago

Johnson et Corbyn entrent en campagne avant les élections du 12 décembre

LONDRES (Reuters) - Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le chef de file de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn ont officiellement lancé jeudi leur campagne électorale en vue des élections anticipées du 12 décembre qui s’annoncent imprévisibles.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le chef de file de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn ont officiellement lancé jeudi leur campagne électorale en vue des élections anticipées du 12 décembre qui s'annoncent imprévisibles. /Photo prise le 30 octobre 2019/REUTERS/Henry Nicholls

Le jour même où le Royaume-Uni aurait dû quitter l’Union européenne, le dirigeant du Labour s’est livré à une attaque en règle contre ce qu’il qualifie de “système truqué” privilégiant une élite corrompue d’évadés fiscaux, de milliardaires et de mauvais patrons qui exploitent les travailleurs, mentent à l’opinion et polluent l’environnement.

“Ces élections sont l’occasion unique pour notre génération de transformer notre pays, d’affronter ces intérêts particuliers qui répriment le peuple et de faire en sorte qu’aucune communauté ne soit laissée au bord de la route”, déclare Jeremy Corbyn dans un discours diffusé par le Parti travailliste.

Dans son esprit, ce “système truqué” est symbolisé par des milliardaires comme Hugh Grosvenor, héritier d’une famille aristocratique ayant fait fortune dans l’immobilier, Jim Ratcliffe, le PDG d’Ineos, ou encore Crispin Odey, gestionnaire de fonds, et Rupert Murdoch, le magnat des médias.

Pour y mettre fin, le dirigeant travailliste propose de nationaliser le transport ferroviaire, le courrier et les services de l’eau. Il entend aussi taxer beaucoup plus le secteur bancaire.

Boris Johnson, arrivé sans élection cet été au 10, Downing Street, devrait exposer lui une vision radicalement différente et accuser Corbyn de menacer l’avenir de la Grande-Bretagne en voulant organiser un nouveau référendum sur le Brexit, plus de trois ans après que les Britanniques ont voté “oui” à la sortie de l’UE.

JOHNSON ET LA “MENACE” CORBYN

Pour la première fois depuis 1923, les Britanniques se rendront aux urnes en décembre.

Lui qui se disait prêt à “mourir dans un fossé” plutôt que de demander un nouveau report de la date du divorce a dû accepter que Bruxelles repousse le Brexit de trois mois, au 31 janvier 2020.

Face au blocage de la Chambre des communes, le successeur de Theresa May à la tête du Parti conservateur et du gouvernement a fait le pari que des élections anticipées étaient désormais le seul moyen de réaliser le Brexit selon les termes de l’accord qu’il a arraché le 17 octobre à Bruxelles.

Et l’axe de sa campagne est clair: le Parti travailliste a empêché le Brexit alors qu’il avait réussi lui, fidèle à l’issue du vote du 23 juin 2016, à obtenir un nouvel accord auprès des Européens - une issue que la quasi-totalité des observateurs jugeait improbable, Bruxelles ayant répété qu’il n’était pas question de rouvrir l’Accord de retrait.

Boris Johnson, dit-on dans son entourage, portera un seul message: lui seul est à même de réaliser le Brexit.

“Aujourd’hui aurait dû être le jour où le Brexit se serait concrétisé et nous serions enfin sortis de l’UE”, dit-il dans un discours fourni à l’avance par ses services. “Mais, malgré le nouvel accord génial que j’ai conclu avec l’UE, Jeremy Corbyn a refusé de laisser cela se produire”, entraînant un nouveau report et “plus d’incertitudes pour les familles et les entreprises”.

Il devait consacrer sa première journée de campagne à des déplacements dans une école, un hôpital et une unité de la police pour souligner que le Royaume-Uni doit réaliser le Brexit pour pouvoir enfin passer à autre chose.

AFFILIATIONS PARTISANES BROUILLÉES

Dans les intentions de vote publiées jeudi par deux instituts, son Parti conservateur devance le Labour de 15 à 17 points (41% contre 24% pour IpsosMORI, 36% contre 21% pour YouGov), mais les sondeurs, qui ont notamment du mal à mesurer la participation attendue, reconnaissent que leurs modèles sont imparfaits.

Ils notent aussi que les déchirures autour du Brexit ont largement brouillé les appartenances partisanes.

Et l’issue parfois inattendue des récents rendez-vous électoraux (les référendums sur l’indépendance écossaise en 2014 et sur le Brexit en 2016, les élections générales de 2015 et 2017) incitent à prendre ces études d’opinion avec la plus grande prudence.

D’autant que le Parti du Brexit de Nigel Farage d’un côté, ardent partisan du divorce, et les Libéraux démocrates de Jo Swinson de l’autre, avocats d’un maintien dans l’UE, pourraient rebattre encore plus les cartes.

Dans les deux sondages publiés jeudi, les Lib Dems sont mesurés entre 18% et 20% des intentions de vote et le Parti du Brexit est donné entre 7% et 13%. Les écologistes du Green Party oscillent entre 3% et 6%.

“Ce sera probablement l’élection la plus imprévisible de ma vie”, a déclaré à Reuters Anand Menon, directeur du groupe de recherches The UK in a Changing Europe et professeur de politiques européennes et d’affaires étrangères à l’université King’s College de Londres.

avec Elizabeth Piper et Alistair Smout; Jean Terzian et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Michel Belot

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