October 29, 2019 / 12:01 PM / 23 days ago

Liban: Hariri va très probablement démissionner ce mardi

BEYROUTH (Reuters) - Contesté par la rue et bousculé au sein de sa coalition, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, va “très probablement” annoncer mardi la démission de son gouvernement, a déclaré une source à Reuters.

Contesté par la rue et bousculé au sein de sa coalition, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, va "très probablement" annoncer mardi la démission de son gouvernement, a déclaré une source à Reuters. /Photo prise le 21 octobre 2019/REUTERS/Mohamed Azakir

Les services de Saad Hariri n’ont pas commenté cette information mais ils ont annoncé sur Twitter qu’il prendrait la parole à 14h00 GMT.

Le Liban traverse une crise politique profonde marquée par la multiplication des manifestations de défiance à l’encontre d’une classe politique accusée de corruption, de mauvaise gestion des finances publiques et qui est jugée responsable de la pire crise économique depuis la guerre civile des années 1975-1990.

Fait rare, les manifestants visent l’ensemble des dirigeants politiques, quelle que soit leur confession, en les accusant de corruption et d’avoir pillé le pays où plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et qui affiche une dette publique représentant 150% de son produit intérieur brut (PIB).

La détérioration de la situation économique libanaise a conduit S&P à placer la note de crédit de la dette souveraine du pays sous surveillance négative.

Le chef du puissant mouvement Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde vendredi contre une nouvelle guerre civile au Liban, appelant ses partisans à ne pas prendre part aux rassemblements.

Soutenus par des membres du mouvement chiite Amal, certains d’entre eux ont affronté ce mardi des manifestants qui bloquaient certains axes de Beyrouth, détruisant les tentes qu’ils avaient montées et exhortant la police à les déloger. Selon des témoins, plusieurs incendies attribués aux membres d’Amal et du Hezbollah ont été signalés autour des points de rassemblements tenus par les manifestants.

Les forces de l’ordre ont reçu pour instruction de ne pas recourir à la force et s’efforcent de convaincre les manifestants de quitter les lieux de leur propre chef.

Si elle se confirmait, la démission de Saad Hariri irait à l’encontre des préconisations du Hezbollah, membre de sa coalition gouvernementale.

Le Premier ministre a annoncé la semaine dernière une série de mesures destinées à calmer la colère des manifestants, notamment en s’attaquant à la corruption et en proposant de mettre en oeuvre des réformes économiques longtemps repoussées.

Certains de ses alliés l’accusent d’avoir pris fait et cause pour les contestataires et d’avoir empêché les forces de sécurité d’intervenir dans les rues.

Ellen Francis, version française Nicolas Delame, édité par Jean-Michel Bélot

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