October 26, 2019 / 9:48 AM / 19 days ago

La contestation en Ethiopie a fait 67 morts cette semaine

ADDIS-ABEBA (Reuters) - Soixante-sept personnes ont été tuées en deux jours lors des manifestations qui sont secoué cette semaine la province d’Oromia, qui entoure la capitale éthiopienne Addis-Abeba, a déclaré vendredi soir à Reuters le haut-commissaire de la police régionale.

Soixante-sept personnes ont été tuées en deux jours lors des manifestations qui sont secoué cette semaine la province d'Oromia, qui entoure la capitale éthiopienne Addis-Abeba, a déclaré vendredi soir à Reuters le haut-commissaire de la police régionale. /Photo prise le 23 octobre 2019/REUTERS/Tiksa Negeri

Cinq policiers figurent parmi les personnes décédées, a précisé Kefyalew Tefera lors d’un entretien téléphonique. Treize manifestants ont été tués par balle et les autres sont morts des suites de blessures causées par des pierres, a-t-il ajouté.

Les manifestations ont débuté mercredi après que l’activiste de premier plan Jawar Mohammed a déclaré que la police avait encerclé son domicile et contraint ses gardes du corps à quitter les lieux, sans que l’on ne connaisse la raison de cette intervention.

Plusieurs centaines de partisans du patron de presse se sont rassemblés autour du domicile de celui-ci pour lui afficher leur soutien et faire part de leur colère à l’égard du Premier ministre Abiy Ahmed - qui a reçu ce mois-ci le prix Nobel de la paix pour avoir réconcilié son pays avec l’Erythrée.

La faculté de Jawar à fédérer et organiser des manifestations et grèves avait contribué à l’arrivée au pouvoir d’Abiy l’an dernier.

S’exprimant dans un entretien à Reuters vendredi, Jawar n’a pas exclu l’hypothèse de se porter candidat à l’élection de l’an prochain face à Abiy, estimant que le peuple avait cessé de croire aux promesses de réformes du Premier ministre et accusant celui-ci de vouloir faire taire ses opposants.

“La plupart de la population pense que la transition déraille et que nous glissons à nouveau vers un système autoritaire”, a dit Jawar, indiquant qu’il n’avait pas pris de décision concernant sa candidature et qu’il pourrait choisir de soutenir un candidat autre qu’Abiy.

Le Premier ministre a accusé mardi des patrons de presse - sans les désigner - de vouloir provoquer des troubles, alors que les violences ethniques dans la province d’Oromia constituent un défi de taille pour son mandat.

Aucun commentaire n’a été effectué par la porte-parole du gouvernement ou par Abiy lui-même après que les violences ont éclaté autour du domicile de Jawar.

La province d’Oromia, la plus importante du pays par sa superficie et sa population, est depuis 2015 en proie à des violences alimentées en grande partie par le sentiment de marginalisation de nombreux membres de l’ethnie Oromo, qui représente environ un tiers des 100 millions d’Éthiopiens et dont Abiy est membre.

Giulia Paravicini et Maggie Fick; Jean Terzian pour le service français

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